Commémoration du Vel’ D’Hiv 

Le président de la République est arrivé dans le 15e arrondissement de Paris pour commémorer le 75e anniversaire de la rafle du Vélodrome d’Hiver. La cérémonie s’est ouverte par un dépôt de gerbe et une minute de silence. Emmanuel Macron a été rejoint vers 10h20 par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.

  • Historique 

À l’aube du 16 juillet 1942 débute à Paris la « du Vél d’Hiv». Elle voit l’arrestation par surprise de plus de treize mille Juifs parisiens de 2 à 60 ans.

Embarqués dans des autobus, les personnes seules et les couples sans enfants sont convoyés vers le camp de Drancy, au nord de Paris. Les familles avec enfants sont quant à elles dirigées vers le Vélodrome d’Hiver, rue Nélaton, dans le XVe arrondissement de Paris (aujourd’hui disparu). Plus de 8 000 personnes dont une majorité d’enfants vont s’y entasser pendant plusieurs jours, parfois jusqu’au 22 juillet, dans des conditions sordides : pas de couchage, ni nourriture, ni eau potable, avec un éclairage violent jour et nuit, au milieu des cris et des appels de haut-parleurs. Seuls trois médecins et une dizaine d’infirmières de la Croix-Rouge sont autorisés à intervenir.La plupart sont déportés au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Quelques dizaines en reviendront…

À l’origine de ce crime contre l’humanité, il y a le projet hitlérien d’arrêter un grand nombre de Juifs dans toute l’Europe occupée. En France, jalouse de ses droits, l’administration, tardivement informée, veut dans certaines limites garder la maîtrise de l’opération. C’est ainsi que sont mobilisés à Paris 7 000 policiers et gendarmes sous les ordres du délégué en zone nord de René Bousquet, jeune et efficace fonctionnaire du gouvernement de Vichy.13 152 personnes sont appréhendées par la police française les 16 et 17 juillet 1942, y compris 4 000 enfants de moins de 16 ans qu’il n’avait pas été initialement prévu de déporter.

  • Cérémonie 

 Serge Klarsfeld, fondateur de l’association des Fils et Filles de Déportés juifs de France, a accueilli Emmanuel Macron à sa descente de voiture, lui rappelant les grands jalons de l’une des périodes les plus sombres de l’histoire moderne, insistant particulièrement sur le sort réservé aux enfants. À leurs côtés Philippe Goujon, le maire du 15e arrondissement, Anne Hidalgo, la maire de Paris ou encore l’avocat Arno Klarsfeld. Le dépôt de gerbe a été suivi par une séquence plus religieuse, non prévu par le programme de l’Elysée, avec un kaddish, la prière juive des endeuillés. La Garde républicaine a ensuite joué la sonnerie aux morts.

Raphaël Esrail, président de l’Union des Déportés d’Auschwitz, a été le premier à prendre la parole à l’occasion de cette cérémonie. Il a notamment salué la mémoire de Simone Veil récemment disparue. Ont suivis les allocutions de Serge Klarsfeld, de Francine Christophe, survivante du Vel’ d’Hiv’, de Pierre-François Veil, fils de Simone Veil et président du Comité français de Yad Vashem, de Christophe Cabrol, petit-fils de Juste, ou encore de Francis Kalifat, président du Crif. Son intervention fut l’une des plus applaudies. « L’antisémitisme a toujours su se réinventer et prendre des formes nouvelles », a-t-il déclaré, revenant longuement sur le meurtre de Sarah Halimi. Il a interpellé le chef de l’Etat, demandant à ce que le « caractère antisémite » de ce crime soit inscrit au dossier.Benjamin Nétanyahou prend la parole, en français pour les premières phrases. « Ici, à Paris, je tenais à prononcer quelques mots dans votre langue. Le français était aussi la langue de milliers de juifs auxquels nous rendons hommage ici au Vél d’Hiv’.

« Je suis venu ici aujourd’hui pour rendre hommage à nos frères et soeurs assassinés uniquement parce qu’ils étaient juifs. Je suis avec ma femme Sarah qui a perdu toute sa famille dans l’Holocauste, pour déclarer avec fierté : ‘le peuple d’Israël vit. Les valeurs de la République française, liberté, égalité, fraternité, ont été brutalement détruites sous la botte de l’antisémitisme. Mais tout n’était pas si sombre. Je rends hommage aux Français qui, au péril de leur vie, ont sauvé leurs compatriotes juifs. Il s’agit d’un héroïsme tout particulier. » 

Emmanuel Macron demande une minute de silence et prend la parole:

« Récemment encore, ce qui a été établi par les historiens (…), a été contesté par des hommes politiques français. C’est faire beaucoup d’honneur à ces faussaires que de leur répondre. mais se taire serait pire. Ce serait être complice. Alors je le redis ici. C’est bien la France qui organisa la rafle, puis la déportation. Et donc la mort des 13 152 personnes de confession juive, arrachés le 16 juillet 1942 à leur domicile. (…)

Je récuse les accommodements et les subtilités de ceux qui disent que Vichy n’était pas la France. Car Vichy n’était pas tous les Français, mais le gouvernement. (…) Pas un seul Allemand n’y prêta la main.

La France, en reconnaissant ses fautes, a ouvert la voie à leur réparation. C’est sa grandeur. C’est le signe d’une nation vivante qui sait regarder son passé en face. »
« L’Etat français ne s’est pas substitué en une nuit à la IIIe République, elle fournit la plus grande partie de son personnel. Le fait est là : Vichy a pu compter sur les ressources vives du pays pour mener sa politique de collaboration. 

C’est si commode de considérer Vichy comme une parenthèse, une monstruosité née de rien et revenue à rien. C’est commode, mais c’est faux.
En France, aujourd’hui, cette corruption des esprits, le racisme et l’antisémitisme sont encore présents et bien présents. Ils prennent des formes nouvelles, changent de visage, choisissent des mots plus sournois.
Nous ne céderons rien aux messages de haine, à l’antisionisme, car il est la forme réinventée de l’antisémitisme, et nous ne céderons rien à celle et ceux qui cherchent à nous faire renoncer à notre humanité, à notre démocratie.
La République se tient debout car elle protège tous ses enfants, car elle sait regarder son passé, car elle ne renoncera à rien de ses valeurs
Nous n’avons qu’un devoir aujourd’hui, être digne de ce que ces êtres firent au plus fort de l’horreur, quand tout était fait pour tuer leur humanité. Nous devons chaque jour, chaque minute, être digne, comme le sont les survivants de la Shoah dont l’exemple nous apporte tant »

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s