Emmanuel Macron s’est exprimé devant le Congrès à Versailles 

 À la veille du traditionnel discours de politique générale prononcé par le Premier ministre devant les députés, Emmanuel Macron a voulu s’adresser à l’ensemble des parlementaires français en les réunissant en Congrès au château de Versailles. Une rencontre qui ne sera pas orpheline, puisque Emmanuel Macron entend la pérenniser en la réitérant chaque année. « Tous les ans je reviendrai devant vous pour vous rendre compte », a-t-il déclaré au début de son intervention. Emmanuel Macron a ensuite esquissé l’orientation qu’il entendait donner à son mandat présidentiel. « Je veux aujourd’hui vous parler du mandat que le peuple nous a donné, des institutions que je veux changer et des principes d’actions que j’entends suivre », a attaqué le chef de l’État, évoquant « l’amour de la patrie », « quelque chose de très profond » l’unissant aux parlementaires.

  • Hommage à Simone Veil 

Le président de la République Emmanuel Macron, les députés et les sénateurs réunis en Congrès à Versailles ont observé lundi après-midi une minute de silence en hommage à Simone Veil, ancienne ministre de la Santé, qui a bataillé pour l’adoption du droit à l’avortement. Âgée de 89 ans, Simone Veil est morte vendredi matin à son domicile. Une « cérémonie d’obsèques officielles » aura lieu mercredi aux Invalides et sera présidée par Emmanuel Macron. 
Avant le début de la minute de silence, François de Rugy, président de l’Assemblée nationale, a rendu hommage à « un exemple, un symbole, une référence ».

  • Réduction du nombre de parlementaires

Emmanuel Macron a ensuite enchaîné avec son désir de réformer en profondeur des institutions de la Ve République. Efficacité, représentativité et responsabilité. Ce seront les trois piliers sur lesquels le Président veut fonder son action à la tête de l’État. Dans ce dessein, l’ancien ministre de l’Économie a réitéré une promesse qu’il avait faite durant la campagne présidentielle, abaisser le nombre de députés et de sénateurs. Précisant les contours de cette réforme, il a annoncé que durant son quinquennat, il y aura un tiers de parlementaires en moins. Une révision constitutionnelle sera donc mise en oeuvre, et Emmanuel Macron a rajouté qu’il aurait recours, « si nécessaire », à un référendum pour y parvenir.

  • une dose de proportionnelle


Emmanuel Macron veut « mettre un terme à la prolifération législative » et souhaite que les « textes importants » puissent faire l’objet d’une « évaluation » deux ans après leur mise en application, a-t-il dit lors de son discours lundi devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles.
 « Sachons mettre un terme à la prolifération législative », a-t-il dit. « Je crains moi-même dans une vie antérieure d’y avoir participé », a-t-il reconnu. Insistant sur l’importance pour le Parlement de « réserver de (son) temps au contrôle et à l’évaluation », il souhaite une « évaluation complète », notamment des textes « sur le dialogue social » ou « encore sur la lutte contre le terrorisme » dans les deux ans de leur mise en application.

Emmanuel Macron a proposé lundi devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles l’élection du Parlement « avec une dose de proportionnelle », afin que « toutes les sensibilités y soient justement représentées ».

 « La représentativité reste un combat inachevé dans notre pays. Je souhaite le mener avec vous résolument », a justifié le président de la République, proposant aussi une « limitation du cumul des mandats dans le temps » pour les parlementaires.

« Il s’agit là de la clef de voûte d’un renouvellement qui ne se produira pas sous la pression de l’exaspération citoyenne mais deviendra le rythme normal de la respiration démocratique. Les parlementaires eux-mêmes verront dans leur mandat une chance de faire avancer le pays et non plus la clef d’un cursus à vie »

Pour accélérer les travaux du Parlement, le chef de l’Etat a par ailleurs proposé de simplifier les navettes entre l’Assemblée et le Sénat, voire même de faire voter les lois les plus simples en commission parlementaire. « Tout cela doit être sérieusement étudié », a expliqué Emmanuel Macron. Il avait, un peu plus tôt, réitéré sa volonté de réduire « d’un tiers » le nombre de parlementaire à l’Assemblée et au Sénat. 

  • Emmanuel Macron a annoncé vouloir supprimer la Cour de justice de la République à l’occasion de son discours devant le Congrès.

« Je souhaite la suppression de la Cour de Justice de la République », a déclaré Emmanuel Macron devant le Congrès réuni lundi à Versailles, estimant que « les ministres doivent devenir comptables des actes accomplis dans leurs fonctions ordinaires ».

Mettre fin à une « une juridiction d’exception ». « Il faudra trouver la bonne organisation mais nos concitoyens ne comprennent plus pourquoi seuls les ministres pourraient encore disposer d’une juridiction d’exception », a justifié le Président à propos de la CJR, qui juge les actes des ministres commis dans leurs fonctions.

  • La fin de l’état d’urgence 

Lors de son discours devant le Congrès à Versailles lundi, Emmanuel Macron a promis une levée de l’état d’urgence, en vigueur depuis les attentats de novembre 2015, « à l’automne ». 
Des « mesures renforcées » dans la lutte antiterroriste. « Je rétablirai les libertés des Français en levant l’état d’urgence à l’automne, parce que ces libertés sont la condition de l’existence d’une démocratie forte », a déclaré le chef de l’Etat, tout en ajoutant que le Parlement serait appelé à voter des « mesures renforcées » pour lutter contre le terrorisme.

Ces « mesures renforcées », qui seront votées par le Parlement, « seront placées sous la surveillance du juge judiciaire, dans le respect intégral et permanent de nos exigences constitutionnelles et de nos traditions de liberté », a-t-il assuré.

  • une réforme du droit d’asile

C’est un chantier crucial auquel compte s’attaquer Emmanuel Macron. Le président de la République voudrait « mieux endiguer » les « grandes migrations » qui touchent l’Hexagone en adoptant une « politique de contrôle et de lutte contre les trafics de personnes ». Néanmoins, il a tempéré son propos en appelant à « accueillir les réfugiés politiques courant un risque réel » dans leurs pays d’origine. Ces déplacements de populations devront être prévenus « par une politique de sécurité et de développement ambitieux dans toutes les zones de fragilité et de conflit », a-t-il détaillé, demandant « une action efficace et humaine » au niveau de l’Europe.

  • L’Europe 

Emmanuel Macron s’est pour autant montré mitigé face à l’organisation. « Je crois fermement à l’Europe, mais je ne trouve pas ce scepticisme injustifié. Je vous propose de reprendre de la hauteur, de sortir de la tyrannie des agendas et des calendriers et des méandres de la technique. » Emmanuel Macron a affiché sa volonté de « reprendre l’Europe à son début », afin de « faire revivre le désir d’Europe ». « Il revient à la France de prendre l’initiative, et je souhaite le faire dans les prochains mois », a déclaré le Président, « grâce et par le travail étroit engagé en particulier avec la chancelière d’Allemagne », Angela Merkel.

Ainsi, Emmanuel Macron a demandé aux parlementaires réunis devant lui de ne pas « négliger l’Europe ». « S’habituer à la conchier, à en faire la coupable de tous nos maux, c’est trahir ces générations qui nous ont précédés, trahir ce qui fait qu’aujourd’hui, là où nous sommes, nous pouvons librement débattre de l’Europe pour l’aider ou pas. »

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s