Elections Législatives : La République En Marche vire en tête au premier tour 

La vague La République en marche s’apprête bel et bien à déferler sur l’Assemblée nationale. Les résultats du premier tour des élections législatives de dimanche, marqué par une abstention record, donnent en effet le mouvement de soutien à Emmanuel Macron largement en tête (entre 31,8% et 33,5%). Soit, selon les projections, entre 390 et 445 sièges à l’Assemblée nationale, sur 577. Derrière, forcément , c’est la déception qui domine. Les Républicains, toutefois, limitent la casse (entre 20,8% et 22%). Comme prévu, le PS est laminé (entre 9,5% et 10%). La France insoumise (de 11 à 11,3%) et le FN (entre 13 et 14%) ne parviennent pas à retrouver leur niveau de la présidentielle.

  • LES RÉSULTATS

1. La République en marche : entre 31,8 et 33,5% des voix, entre 390 et 445 sièges

C’est sans surprise le grand vainqueur de la soirée. La République en marche a recueilli près d’un tiers des voix, et devrait surtout obtenir une majorité écrasante dans la future Assemblée. 

Les estimations par instituts :

– Ifop : 32,5%

– Ipsos : 32,2%, entre 390 et 430 sièges

– Kantar-TNS : 32,9%, entre 400 et 440 sièges

– Elabe : 32,6%

2. Les Républicains, entre 20,8 et 22%, entre 80 et 132 sièges

Un temps, Les Républicains ont envisagé la victoire, avant rapidement de se résoudre à la défaite. Les voilà – avec leurs alliés de l’UDI – deuxième force politique potentielle de l’Assemblée nationale, avec entre 80 et 132 sièges. 

Les estimations par instituts :

– Ifop : 20,5%

– Ipsos : 21,5%, entre 85 et 125 sièges

– Kantar-TNS : 21%, entre 95 et 132 sièges

– Elabe : 20,9%

3. Le Front national, entre 13,1 et 14%, de 1 à 12 sièges

Au soir de sa défaite au second tour de la présidentielle, Marine Le Pen annonçait le Front national comme la première force d’opposition au président élu. C’est loin d’être le cas après un scrutin dont les modalités n’avantagent certes pas le FN. Le parti devrait même avoir du mal à franchir la barre des 15 députés, nécessaire pour constituer un groupe parlementaire.

Les estimations par instituts :

– Ifop : 14%

– Ipsos : 14%, entre 7 et 12 sièges

– Kantar-TNS : 13,5%, entre 2 et 5 sièges

– Elabe : 13,1%

4. La France insoumise, 11%, de 11 à 23 sièges (avec le PCF)

Comme à la présidentielle, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon arrive en quatrième position,n mais avec un score bien moindre, 11% contre 19,58%. Au final, les Insoumis devraient avoir besoin des communistes pour constituer un groupe parlementaire, les instituts couplant les deux mouvements dans leurs projections.

Les estimations par instituts :

– Ifop : 11%

– Ipsos : 11%, entre 13 et 23 sièges (avec le PCF)

– Kantar-TNS : 11%, entre 11 et 21 sièges (avec le PCF)

– Elabe : 11%

5. Le Parti socialiste, entre 9 et 10,2%, de 80 à 132 sièges

Balayé à la présidentielle, le Parti socialiste est sans surprise le grand perdant de la soirée. Il n’est pas certain, même avec ses partenaires du Parti radical de gauche, de franchir la barre des 10% des voix, et lui qui avait obtenu près de 300 députés en 2012, devrait en avoir près de dix fois moins. 

Les estimations par instituts :

– Ifop : 7,5%

– Ipsos : 10,2%, entre 20 et 35 sièges

– Kantar-TNS : 9,7%, entre 15 et 25 sièges

– Elabe : 9%

Les électeurs français ont largement boudé les urnes à l’occasion de ce premier tour des législatives. L’abstention pourrait en effet atteindre, voire dépasser, la barre symbolique des 50%. Il s’agit quoi qu’il en soit d’un triste record pour ce type de scrutin. Pour rappel, l’abstention au premier tour en 2012 avait atteint 42,78%. Il s’agissait déjà d’un record. La conséquence première, c’est qu’il devrait y avoir peu de triangulaires, essentiellement des duels.

Les estimations par instituts :

– Ifop : 50%

– Ipsos : 51,2%

– Kantar-TNS : 50,5%

– Elabe : 51%

  • Les réactions 
  • François Baroin , chef de file Républicains 

« Un sursaut est indispensable au second tour. » François Baroin s’est exprimé gravement, dimanche soir, après l’annonce des premiers résultats du premier tour des législatives 2017. LR a obtenu environ 21% des suffrages, derrière La République en marche! (environ 30%), selon les premières estimations.

« Des pouvoirs équilibrés et non concentrés ». Celui qui a coordonné la campagne pour LR a appelé ses électeurs, mais aussi les abstentionnistes et ceux qui ont fait le choix des extrêmes à aller aux urnes dimanche prochain pour le second tour. « Notre pays attend des pouvoirs équilibrés et non concentrés », a-t-il déclaré.
« Le débat est indispensable ». Estimant que « le principal enseignement de ce premier tour » était l’abstention record (« moins d’un Français sur deux s’est exprimé »), François Baroin a jugé cette situation « préoccupante ». Selon lui, elle est due notamment à la longueur d’une campagne présidentielle marquée par les rebondissements, et à « la volonté de certains d’enjamber ce scrutin législatif ». « Le débat est indispensable, les Français aspirent à la clarté », a-t-il martelé, avant de fustiger le programme fiscal d’Emmanuel Macron, et notamment la hausse de la CSG. « Nous ne pouvons plus accepter de hausses d’impôts aussi spectaculaires qui menacent notre économie. »

  • Marine Le Pen (FN) 

Marine Le Pen a estimé que le « taux d’abstention » aux élections législatives « doit poser la question du mode scrutin », arguant que « cette forte abstention « pénalise » son mouvement. « Ce taux d’abstention catastrophique doit poser la question du mode de scrutin qui écarte des millions de nos compatriotes des urnes d’abord, et d’une représentation digne de ce nom », a déclaré la candidate FN dans le Pas-de-Calais, expliquant que « ces élections n’ont soulevé aucun enthousiasme chez les Français qui semblent plus nombreux que jamais à ne guère s’intéresser à la vie publique ».

  • Jean Christophe Cambadelis : Premier secrétaire Du (Parti Socialiste)

Un recul « sans précédent de la gauche ». Après la publication des premiers résultats des législatives, très mauvais pour le PS qu’il dirige (entre 9 et 10%), Jean-Christophe Cambadélis a jugé que le très haut score de La République en marche! était un risque. « Si cette majorité est amplifiée, nous serons sans opposition réelle. Il n’est ni sain ni souhaitable qu’un président qui a fait 24% au premier tour de l’élection présidentielle bénéficie du monopole à l’Assemblée nationale. (…) Le second tour sera celui du pluralisme ou de l’amplification », a-t-il analysé, évoquant le danger d’un « unanimisme » du Palais Bourbon. Selon lui, si LREM obtient la majorité absolue, il n’y aurait plus vraiment de « débat démocratique » à l’Assemblée nationale.

 Le premier secrétaire du Parti socialiste s’est également alarmé du niveau de l’abstention (50,2% d’après les premières estimations). « L’abstention record est le signe d’une immense fatigue démocratique. (…) Notre démocratie ne peut se permettre d’être malade », a évoqué celui qui est aussi le candidat socialiste de la 16ème circonscription de Paris, face au secrétaire d’Etat au Numérique Mounir Mahjoubi (LREM).

  • Jean Luc Mélenchon (France Insoumise ) 

L’immensité de l’abstention montre qu’il n’y a pas de majorité pour détruire le code du travail », a affirmé le leader de la France Insoumise lors d’une allocution retransmise par les télévisions. Appelant ses partisans à assurer « partout » l’élection de députés de sa formation, qui aura des « dizaines de candidats » présents au second tour, il a aussi exhorté ses électeurs à « ne jamais permettre l’élection d’un candidat du FN ». La France Insoumise est créditée de 11% des voix au premier tour et de 10 à 23 sièges selon les instituts de sondage.

  • La réaction du premier ministre Édouard Philippe 

« Chers concitoyens, la France est de retour. », a-t-il d’abord déclaré.

Avant de poursuivre: « Depuis un mois, le président de la République a su incarner la force, la volonté et l’audace.
Le gouvernement illustre un renouvellement radicalement nouveau et est prêt à répondre aux attentes des Français. »
« Dimanche prochain, l’Assemblée nationale incarnera le nouveau visage de la démocratie française. », a-t-il ajouté.

  • LE RÉSULTAT DES MINISTRES 

Bruno Le Maire en ballottage très favorable dans l’Eure.Il est très proche de rester député et, par conséquent, de conserver son portefeuille de ministre de l’Economie. Bruno Le Maire a rassemblé 44,46% des voix, contre 22,09% pour son adversaire FN de la 1ère circonscription de l’Eure, Fabienne Delacour.

Christophe Castaner vers une élection facile dans les Alpes-de-Haute-Provence.Comme Bruno Le Maire, Christophe Castaner devrait renouveler son mandat, dans la 2ème circonscription des Alpes-de-Haute-Provence. Le porte-parole du gouvernement réalise un score de 44,04%, loin devant son adversaire de La France insoumise Léo Walter, qui recueille 16,55% des suffrages.
Marielle de Sarnez archi-favorite à Paris.Peut-elle réellement perdre, dimanche prochain ? Marielle de Sarnez a terminé le premier tour en tête avec 40,58% dans la 11ème circonscription de Paris. Derrière, le Républicain Francis Szpiner peine à 16,74%. Au second tour, la ministre des Affaires européennes devrait bénéficier des reports de voix des candidats éliminés de la gauche, dont le frondeur Pascal Cherki.
Richard Ferrand pas touché par les affaires dans le Finistère.Épinglé pour des montages immobiliers suspects, Richard Ferrand n’a pas souffert de cette polémique dans les urnes. Le ministre de la Cohésion des territoires a réuni 33,93% des suffrages de la 6ème circonscription du Finistère dimanche, contre 18,10% pour son adversaire Les Républicains, Gaëlle Nicolas. Derrière, le régionaliste Christian Troadec ne se qualifie pas pour le second tour avec un score de 13,88%.
Mounir Mahjoubi a une confortable avance à Paris.Lui aussi devrait conserver son poste au gouvernement. Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au Numérique, a récolté 38,08% des suffrages dans la 16ème circonscription de Paris, devant Sarah Legrain (La France insoumise) à 20,84%. Il élimine aussi Jean-Christophe Cambadélis, quatrième avec 8,60% des voix.
Annick Girardin au coude-à-coude à Saint-Pierre-et-Miquelon.C’est beaucoup plus compliqué pour Annick Girardin. A Saint-Pierre-et-Miquelon, la ministre des Outre-Mer Annick Girardin (Parti radical de gauche) se retrouve à égalité avec Stéphane Lenormand (Archipel Demain), les deux candidats recueillant 41,59%, soit 1.209 voix pour chacun. « Je n’ai jamais pensé que cette élection serait facile. (…) C’est un combat que je savais dur », a-t-elle expliqué dimanche soir.
En fait, pour espérer survivre en ce soir de premier tour des législatives quand on a été ministre de François Hollande, il fallait soit être soutenu par La République en marche!, soit avoir bénéficié de sa mansuétude. Pour ce second cas, citons l’ex-Premier ministre Manuel Valls, qui n’avait en face de lui ni candidat LREM ni candidat socialiste, et qui est arrivé en tête dans son fief de l’Essonne avec 25,45% des voix. C’est aussi le cas de Stéphane Le Foll, en tête dans la Sarthe. Avec 30,31% des voix, l’ancien ministre de l’Agriculture est bien parti pour l’emporter.
Enfin, il y a le cas de Najat Vallaud-Belkacem. L’ancienne ministre de l’Education, contrairement à nombre de ses autres collègues, n’a pas été éliminée dès le premier tour. Mais avec 16,54% des voix seulement, elle est en posture plus que délicate face au candidat En marche, Bruno Bonnell, (36,69%). Elle n’a donc bénéficié que d’un court sursis. Pour elle aussi, le « dégagisme », sans aucun doute, sera meurtrier.
Myriam El Khomri (PS), elle, se qualifie pour le second tour. Avec 20,23% des suffrages, l’ancienne ministre du Travail est néanmoins en difficulté puisque son concurrent du second tour, Pierre-Yves Bournazel (LR), récolte 31,76% des voix dans la 18e circonscription de Paris.

  • LES GRANDS PERDANTS DU JOUR 

Ancien ministre devenu frondeur, puis désigné candidat à la présidentielle à l’issue d’une primaire, Benoît Hamon est sans doute le perdant le plus emblématique de la soirée parmi les anciens membres du gouvernement. Ministre de l’Economie sociale et solidaire, puis de l’Education, le député sortant de la 11ème circonscription des Yvelines a lui-même annoncé son élimination. « A 80 voix près », certes, mais la défaite reste cinglante. L’ex-candidat à la présidentielle est arrivé troisième avec 22,6% des voix, derrière le candidat de La République en Marche! et celui des Républicains.

Ancien ministre à un poste régalien, celui de l’Intérieur, Mathias Fekl est lui aussi éliminé dans la deuxième circonscription de Lot-et-Garonne. Avec seulement 17% des suffrages, il a été devancé par son adversaire de LREM, mais aussi par celui du Front national. C’est pire encore pour Christian Eckert, responsable du Budget pendant trois ans, et qui n’arrive qu’en quatrième position en Meurthe-et-Moselle, avec 9,498% des voix.
Le scrutin a aussi montré qu’avoir pris ses distances avec l’ancien couple exécutif n’a pas été un gage de réussite. Cécile Duflot, qui avait claqué la porte du gouvernement en mars 2014, a ainsi été éliminée à Paris, tout comme Emmanuelle Cosse qui, elle, avait au contraire accepté d’y rentrer en février 2016. Les deux femmes, toutes deux écologistes, avaient toutes deux été ministre du Logement. Elles s’étaient déchirées sur l’opportunité ou non de rentrer dans un gouvernement dirigé par Manuel Valls. Elles connaissent aujourd’hui le même sort.

Citons aussi parmi les victimes de la soirée Kader Arif, ex-ministre des Anciens combattants, éliminé en Haute-Garonne, en cinquième position ; Ségolène Neuville, anciennement chargée de la Lutte contre l’exclusion, arrivée troisième dans les Pyrénées-Orientales ; Pascale Boistard, ex-titulaire du portefeuille des Personnes âgées, battue dans la Somme ou encore Juliette Médael, ex-secrétaire d’Etat chargée de l’Aide aux victimes, qui n’a obtenu que 8,31% des voix en Seine-et-Marne. Enfin, notons que Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la Culture, troisième en Moselle et François Lamy, ex-ministre délégué à La Ville, éliminé dans l’Essonne, n’ont pas encaissé la défaite de la même façon. La première a assuré sur Twitter garder le sourire, quand le second a envoyé un massage acide à destination de François Hollande et de Manuel Valls.


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