Emmanuel Macron à reçu Vladimir Poutine à Versailles 

Le président de la République Emmanuel Macron a accueilli en grande pompe, lundi, vers 14h15 son homologue russe Vladimir Poutine au château de Versailles pour leur première rencontre, qui portera sur une série de dossiers, au premier rangs desquels la situation en Syrie et en UkraineAprès une poignée de main appuyée et chaleureuse sur le tapis rouge déroulé dans la Cour de marbre du château, les deux chefs d’État, salués par la Garde républicaine, ont gagné un salon pour entrer dans le vif du sujet avec une rencontre en petit comité, avant un déjeuner élargi et une conférence de presse.

Les  deux hommes se sont entretenu  en tête-à-tête de plusieurs questions brûlantes de l’actualité internationale. À commencer par la guerre en Syrie et la place de Bachar el-Assad dans le règlement de ce conflit. Mais Emmanuel Macron et Vladimir Poutine doivent aussi évoquer le cas ukrainien, point de désaccord récurrent entre la France et la Russie ces dernières années. Autre dossier sensible au menu de cette rencontre : les droits des homosexuels en Tchétchénie, qui seraient persécutés dans cette région. Vers 17 heures les deux chefs de l’état ont pris la parole lors d’une conférence commune . 

Emmanuel Macron a d’abord évoqué les discussions bilatérales au sujet de la Syrie: « Sur la Syrie j’ai rappelé nos priorités. Et je crois que nous pourrons travailler ensemble les prochaines semaines. Notre priorité absolue, c’est la lutte contre le terrorisme et l’éradication de Daesh. Je souhaite ensuite que nous aidions à une transition démocratique tout en préservant un Etat syrien. »

Le chef d’Etat français a mentionné deux de ses volontés profondes dans ce dossier: « une ligne rouge très claire existe de notre côté, l’utilisation d’armes chimiques par qui que ce soit. Une utilisation des armes chimiques entraînera une réponse immédiate de la France. La seconde, c’est l’accès à l’aide humanitaire. »
Vladimir Poutine a rappelé le point de vue russe sur la politique à mener vis-à-vis de la situation syrienne: « Nous estimons que nous ne pouvons pas lutter contre la menace terroriste tout en détruisant l’Etat syrien. » Le président russe a ajouté la mention d’une mesure concrète: « Le plus important, c’est la lutte contre le terrorisme. Le président français a proposé de mettre en place un groupe de travail pour lancer une coopération pratique contre la menace terroriste, particulièrement dangereuse pour nous, comme pour les pays occidentaux. »

« Nous avons longuement parlé de la situation en Ukraine et du processus de Minsk. Notre souhait est de mettre un place un échange sur le modèle dit ‘Normandie’, aux côtés de l’Allemagne et en présence de l’OSCE dans la région. Ce processus doit perdurer. Nous avons partagé nos vues, et j’ai appelé à une désescalade de ce conflit », a ainsi déclaré Emmanuel Macron. 

Vladimir Poutine a fustigé les sanctions internationales contre son pays, décidées en raison de la situation ukrainienne: « Ces sanctions ne contribuent aucunement à régler cette crise! »

L’un des sujets les plus sensibles du moment entre la France et la Russie, la question de la persécution des personnes LGBT en Tchétchénie, a été évoqué, selon Emmanuel Macron. Il n’a néanmoins pas précisé le contenu de cet échange sur la question, mais a assuré qu’il serait « constamment vigilant » sur la question. »Le président Poutine m’a (…) indiqué avoir pris plusieurs initiatives sur le sujet des personnes LGBT en Tchétchénie avec des mesures visant à faire la vérité complète sur les activités des autorités locales et régler les sujets les plus sensibles », a-t-il déclaré, affirmant qu’il serait « constamment vigilant » sur la question. De son côté, Vladimir Poutine a promis la « vérité complète sur les activités des autorités locales » à propos de rapports de camps d’homosexuels dans cette région.

Interrogé sur les rumeurs d’intervention russe dans la campagne présidentielle française, Emmanuel Macron a tenu faire une mise au point sur ces rumeurs. Oui, les deux hommes en ont parlé lors de leur premier échange au téléphone, début mai mais pas lors de cette rencontre. « Pour ma part, je ne crois pas qu’elles soient fondées [et] je n’ai pas l’habitude de revenir sur ce que j’ai déjà dit », a-t-il affirmé.

À  la journaliste russe qui l’a accusé de ne pas avoir assez ouvert le QG d’En Marche! aux journalistes étrangers, Emmanuel Macron a répondu qu’il n’avait « aucun problème avec les journalistes étrangers », mais que Russia Today et Sputnik, deux médias russes financés par le Kremlin, « avaient interféré » dans la campagne présidentielle française. Selon lui, « ils se sont comportés comme des organes d’influence et de propagande » et non pas comme des médias classiques. 

La nature des relations franco-russes et de la cordialité, ou non, des échanges s’étant tenus en privé entre les deux hommes ont aussi occupé la conférence. « On partage des désaccords mais au moins on les a partagés. Ça a été un dialogue très franc et direct. Je ne vous dirai pas tout ce que nous nous sommes dits. Il en va ainsi de la bonne politique », a énoncé Emmanuel Macron. 

Le président russe n’a pas nié la persistance de certaines divergences entre les deux Etats. Mais il a voulu se montrer optimiste en relevant que la Russie et la France pouvaient s’unir sur certains dossiers. 

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