Attentat de Manchester : « l’enquête progresse rapidement »,affirment les autorités britanniques

Trois jours après l’attentat-suicide qui a coûté la vie à 22 personnes, dont des enfants, à la fin d’un concert à Manchester, « l’enquête progresse rapidement », affirment les autorités britanniques. De nouvelles perquisitions ont eu lieu mercredi et « dès les premières heures », jeudi matin. La police a annoncé qu’elle avait procédé à une explosion contrôlée lors d’une perquisition dans le sud de Manchester.Dans un communiqué, la police de Manchester a indiqué qu’elle était intervenue dans les premières heures de la journée de jeudi à une adresse située dans le Sud de la ville. « Ce matin, nous avons effectué une perquisition à une adresse dans le quartier de Moss Side, au cours de laquelle une explosion contrôlée a été effectuée », a indiqué la police. « Cette perquisition est liée à l’attentat de lundi contre la Manchester Arena », déclare le communiqué, qui précise que « l’enquête progresse rapidement ».

  • Que sait – on du suspect ? 

Salman A., un jeune homme d’origine libyenne de 22 ans né à Manchester, était déjà connu des services de sécurité. D’après la presse britannique, il serait le troisième enfant d’une fratrie de quatre et aurait fait des études de management à l’Université de Salford, dans l’agglomération de Manchester.

Selon le tabloïd britannique The Sun, Salman A. aurait pu être arrêté à au moins cinq reprises, après des signalements émis par son entourage, inquiet de son comportement depuis plusieurs années. La première fois, ce sont deux amis de Salman A. qui ont appelés les services antiterroristes après qu’il leur ait affirmé qu' »être un kamikaze était bien ». Deux ans plus tard, le responsable de la Fondation Ramadan s’était, lui aussi, inquiété du comportement du jeune homme auprès des autorités. L’auteur de l’attentat de Manchester avait même été banni d’une mosquée après avoir publiquement défendu l’Etat islamique.

  • Que sait – on des personnes interpelées 

Le père et le plus jeune frère de l’auteur présumé de l’attentat de Manchester ont été arrêtés mardi et mercredi en Libye. Ce frère, Hachem A., âgé de tout juste 20 ans, se trouvait au domicile familial à Tripoli. Aux enquêteurs libyens, il a avoué que lui et son frère appartenaient bien au groupe Etat islamique. Hachem A. était d’ailleurs lui-même en Grande-Bretagne pour la préparation de l’attentat de Manchester. Leur père a également été arrêté dans la maison familiale à Tripoli, mais on ignore encore si les enquêteurs le soupçonnent de complicité.

La femme arrêtée mercredi dans le cadre de l’enquête sur l’attentat commis lundi à Manchester a été remise en liberté sans qu’aucune charge ne soit retenue contre elle, a annoncé la police britannique. La femme a été arrêtée à Blackley, une ville de l’agglomération mancunienne.

La septième arrestation effectuée par la police britannique a eu lieu mercredi à Nuneaton, une ville du centre de l’Angleterre, alors que les six précédentes avaient toutes été effectuées dans la région de Manchester. Lors de la cinquième arrestation, qui s’est produite à Wigan, dans la banlieue de Manchester, la police a maîtrisé un homme en pleine rue et le quartier a été bouclé. 

Puis deux nouvelles interpellations ont eu lieu ce jeudi matin. Un homme a été appréhendé dans la région de Withington tandis qu’un autre a été interpellé dans la région de Manchester, précise la police

Les investigations progressent également du point de vue matériel. Le New York Times a publié en exclusivité huit photos montrant différents éléments de l’engin explosif du détonateur, à une batterie, en passant par des fragments d’un sac à dos bleu et des morceaux de métal et des vis. 

L’analyse initiale de la bombe, sur la base des éléments photographiés et récoltés sur la scène du crime, ne permettent pas de déduire la quantité ou le type d’explosif qui composait la charge principale, mais laisse à penser qu’il s’agissait d’un engin artisanal fabriqué après « mûre réflexion et avec soin », écrit le quotidien américain. Le journal parle d’une bombe « puissante » et « sophistiquée », fabriquée avec des matériaux difficiles à obtenir en Grande-Bretagne. Pour les enquêteurs, c’est un indice de plus qui prouve que le kamikaze avait bien des complices sur le territoire britannique. 


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