La Passation de pouvoir : Édouard Philippe,Premier ministre d’Emmanuel Macron succède à Bernard Cazeneuve 

Après de longue heures d’attente,le suspense a pris fin à 14 h 53.Emmanuel Macron a choisi Édouard Philippe  comme premier ministre pour former son futur gouvernement, c’est le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, qui a dévoilé cette nomination depuis l’Élysée. Si la nomination à pris  autant de temps à être officialisée, c’est peut-être que le président et son nouveau Premier ministre ont évoqués ensemble la composition du gouvernement, très attendue, compte tenu du positionnement politique d’Emmanuel Macron et de sa volonté de l’ouvrir à la société civile…

Edouard Philippe a été nommé Premier ministre lundi, au lendemain de l’investiture d’Emmanuel Macron. Âgé de 46 ans, le député-maire du Havre, membre du parti Les Républicains (LR), est un proche de l’ancien Premier ministre Alain Juppé. Depuis plusieurs jours, son nom revenait en boucle parmi les favoris pour Matignon.

Cette nomination paraissait essentielle en vue des législatives. Le choix d’Edouard Philippe pourrait en effet inciter certains, chez Les Républicains, à franchir le pas pour être candidats dans la majorité présidentielle. La limite de dépôt des candidatures pour les législatives est fixée au 19 mai, mais c’est mercredi au plus tard que le mouvement La République en marche! d’Emmanuel Macron devrait faire connaître la totalité des candidats qui s’aligneront pour la bataille. 428 noms, autant de femmes que d’hommes, ont déjà été annoncés.

Le nouveau pensionnaire de Matignon annoncera mardi son gouvernement. Celui-ci sera composé d’une quinzaine de ministres, avec, là encore, une parité promise entre les femmes et les hommes. Un tiers de ses membres devraient en outre être issus de la société civile.

  • Qui est Édouard Philippe ? 

Né à Rouen,Edouard Philippe a 46 ans.Il a connu un parcours assez classique pour un responsable politique français.

Après des études à Sciences-po, où il milite durant deux ans pour le Parti socialiste, et surtout pour Michel Rocard, le jeune Normand réussit le concours d’entrée à l’ENA.Il sort dans la « botte » – les quinze premières places du classement final – et choisit le Conseil d’État.Il débute sa carrière de militant au sein du Parti socialiste, s’approche de la ligne de Michel Rocard mais se tourne finalement vers le centre-droit.

Dès lors, il se rapproche d’Antoine Rufenach, maire du Havre entre 1995 et 2010, ancien collaborateur de Raymond Barre puis directeur de la campagne de Jacques Chirac en 2002 et soutien de Nicolas Sarkozy en 2007.En 2002, il participe à la création de l’UMP au côté d’Alain Juppé.

En 2004, lorsque Alain Juppé est condamné à 18 mois de prison avec sursis dans l’affaire des emplois fictifs du RPR, Edouard Philippe rejoint le secteur privé.Trois ans plus tard, il intègre le cabinet d’Alain Juppé lorsque ce dernier est nommé ministre de l’Ecologie de François Fillon, sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Lorsqu’Alain Juppé quitte son portefeuille en 2008, Edouard Philippe rejoint de nouveau le privé et devient directeur des Affaires publiques d’Areva.

En 2008, Édouard Philippe est élu conseiller général de la Seine-Maritime dans le canton du Havre-5. Il est aussi nommé adjoint au maire, chargé du développement économique et portuaire, de l’emploi, de la formation, de l’enseignement supérieur et des relations internationales. En 2009, il devient adjoint au maire chargé de l’urbanisme, de l’habitat, du Grand Paris et du développement portuaire.

Le 24 octobre 2010, le conseil municipal l’élit maire du Havre après la démission d’Antoine Rufenacht. Il devient président de la communauté de l’agglomération havraise le 18 décembre suivant.

Il est le suppléant de Jean-Yves Besselat, député de Seine-Maritime (7e circonscription, le Havre ouest), depuis 2007. Il devient député le 23 mars 2012, après le décès de celui-ci, mais ne siège pas, l’Assemblée ayant suspendu ses travaux pendant la campagne de l’élection présidentielle. Il est élu lors des élections législatives qui suivent.
Le 23 mars 2014, la liste qu’il mène aux élections municipales est élue dès le premier tour, avec 52,04 % des suffrages exprimés. Il est également réélu à la communauté de l’agglomération havraise.
Tout comme Emmanuel Macron, Edouard Philippe est un amoureux des lettres, lui dont les parents sont professeurs de français. Il a ainsi coécrit plusieurs ouvrages dont deux avec Gilles Boyer, le directeur de la campagne d’Alain Juppé lors de la primaire de 2017.

  •  La passation de pouvoirs entre Bernard Cazeneuve et Edouard Philippe à 16h à Matignon

Tout est prêt depuis plusieurs heures dans la cour de Matignon pour que la cérémonie de passation entre le dernier Premier ministre de François Hollande, et le premier d’Emmanuel Macron puisse avoir lieu.La Citroën DS de collection à bord de laquelle Bernard Cazeneuve va quitter Matignon est arrivée sur place.Edouard Philippe est arrivée à 15 h55 à Matignon , il a été accueilli chaleureusement par Benoît Cazeneuve,premier ministre sortant. Ils se sont ensuite éclipsé dans les bureaux afin de s’entretenir. Après une grosse vingtaine de minutes, Bernard Cazeneuve et Édouard Philippe sortent sur le perron de Matignon. L’ancien locataire des lieux va s’exprimer en premier.

« Je quitte la responsabilité qui est la mienne avec un sentiment de fierté. »

Bernard Cazeneuve revient sur ses cinq mois passés à Matignon et plus largement sur ses diiférences expérienes ministérielles.

Je vous souhaite la bienvenue», commence l’ancien Premier ministre. «C’est avecà l’esprit de voir votre gouvernement et le président de la République pouvoir donner le meilleur à notre pays qui le mérite bien que je vous accueille ici. J’accueille un normand, ça compte pour moi et pour vous. Je quitte la responsabilité qui est la mienne avec un sentiment de fierté»

 «Je veux insister sur le fait que nous avons, sur les questions économiques, sur la politique internationale, sur le social… que nous avons pris des décisions justes et bonnes, dont je suis sure que l’histoire reconnaîtront que ces premiers succès sont imputables à l’action de François Hollande. Je veux dire aux personnels de Matignon à quel point je suis fier d’eux. Vous rentrez dans une maison où les fonctionnaires sont engagés et valheureux»

 « Mais ce n’est pas parce qu’on essaie de faire au mieux qu’on est sûr de bien faire », a ajouté le désormais ancien Premier ministre, rappelant les « épreuves extrêmement difficiles » qu’il a connues. « Je pense notamment à ce qu’a été la menace terroriste et ce qu’ont été les attentats. »

Bernard Cazeneuve a salué les policiers et gendarmes qu’il a notamment eus sous sa reponsabilité au ministère de l’Intérieur. « Je suis fier d’eux, ils ont incarné le sens du service public et les valeurs qui ne devraient jamais cesser de nous lier les uns ou aux autres. »

Je quitte ce lieu avec des valeurs de gauche », a insisté Bernard Cazeneuve, qui a cité ses inspirations et ses modèles : « Léon Blum, Jean Jaurès, Pierre Mendès-France, François Mitterrand, Laurent Fabius, François Hollande ». « On ne vient pas de nulle part et si on veut montrer la direction, il faut savoir quels sont nos héritages », a-t-il encore souligné.

«Et enfin, je veux dire, que je quitte cette maison en homme de gauche. Si on veut montrer la direction il faut savoir quel est son héritage. Je conclurai par la : la loyauté, la fidélité ont constitué une boussole. La passion de l’Etat auront été ma force. Je vous souhaite, par amitié, par amour de notre pays, le meilleur dans l’exercice de mes fonctions», termine Bernard Cazeneuve.Il cède désormais la parole à Edouard Philippe, après avoir été largement applaudi. 

Edouard Philippe commence son premier discours de chef de gouvernement, sur le perron de Matignon, après avoir longuement applaudi Bernard Cazeneuve. Et de flatter son prédécesseur : «Les six mois que vous venez de passer constituent le point d’orgue d’un parcours, depuis mai 2012, assez exceptionnel.» Edouard Philippe loue encore ses qualités : «élégance constante», «sérieux attentif», avec «un sens de l’humour qui est une forme de politesse de l’esprit» et «un sens de l’Etat qui constitue un exemple.»

Vous êtes un homme de gauche, vous l’avez rappelé, je n’en doutais pas. Je suis un homme de droite. Et nous avons de l’estime l’un pour l’autre

le nouveau Premier ministre adresse un «bon vent» chaleureux à Bernard Cazeneuve, avant de le raccompagner à sa voiture. 

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