Emmanuel Macron reçu par La Chancelière Angela Merkel à Berlin 

Pour sa première visite officielle en tant que chef de l’État à Berlin, Emmanuel Macron a appelé lundi, aux côtés de la chancelière allemande Angela Merkel, à une « refondation historique » de l’Europe. Convenus d’une « coopération intense » à venir, les deux chef d’États se sont également entendus de travailler en commun sur la directive des travailleurs détachés.Emmanuel Macron a poursuivi la tradition historique voulant que le président fraichement investi se déplace en Allemagne pour sa première visite à l’étranger. A une différence près cependant, Nicolas Sarkozy et François Hollande y étaient allés le jour même de leur investiture, au contraire d’Emmanuel Macron qui s’y est rendu le lendemain.

Vers 17 h 46 Emmanuel Macron a été accueilli par la Chancelière Angela Merkel. La chancelière allemande, Angela Merkel, a pris la première la parole en compagnie d’Emmanuel Macron. Après avoir remercié le nouveau président de la République pour son déplacement à Berlin, elle a insisté sur « les façons d’approfondir l’Union européenne existante » et sur le rôle du couple franco-allemand.

« Personnellement, j’ai pleinement conscience de notre responsabilité dans cette phase critique de l’Union européenne, de prendre les bonnes décisions. Je pense que cette coopération (entre la France et l’Allemagne) doit être marquée par le fait que les intérêts de l’Allemagne sont étroitement liés à ceux de la France, et l’Allemagne ne se portera bien que si l’Europe se porte bien, et si donc la France se porte bien », a-t-elle ajouté.La chancelière a ensuite affirmé qu’elle avait évoqué avec Emmanuel Macron « la réciprocité en matière commerciale » et les travailleurs détachés : « Il faut créer des emplois, s’assurer que ces emplois perdurent. Nous avons des problèmes de chômage en Allemagne, et cette question est encore plus grave en France. Nous allons aller plus loin en matière de relation bilatérale, et nous allons organiser un conseil des ministres franco-allemand après les élections législatives, et nous voulons élaborer une feuille de route pour la construction de l’Union européenne. Nous allons devoir nous occuper du Brexit et la manière d’améliorer la zone euro et pour lui donner une nouvelle impulsion ». 

« En matière de Défense, notre coopération va se poursuivre. Nous voulons une Europe plus forte, et nous volons lutter contre la bureaucratie », a-t-elle conclu.

Le président Macron a pris la parole après Angela Merkel : « Je suis très heureux, le lendemain de la passation de pouvoir, de pouvoir être avec vous, à Berlin et d’avoir ce premier échange sur nos politiques à venir. J’ai été élu par les Françaises et les Français, 

le 7 mai dernier, sur un projet qui était résolument européen » Le chef de l’État a affirmé qu’il ne veut pas avoir, avec l’Allemagne, « d’une relation d’opposition, de chantage mais de confiance ». « Je n’ai pas non plus oublié le message d’inquiétude, de colère et d’insatisfaction du peuple français », a-t-il ajouté, appelant à une refondation « historique » de l’Europe.

Le nouveau président a évoqué les contours de la future coopération franco-allemande. « Je suis devant vous, heureux de pouvoir représenter la France mais avec une lourde tache à accomplir. La première c’est de mettre en place les réformes dont la France à besoin. La France est aujourd’hui le seul grand pays de l’UE qui n’a pas réussi à vaincre le chômage de masse. Ensuite, il y a la nécessité d’avoir une Europe moins bureaucratique et une Europe qui protège davantage. Le droit d’asile commun, la directive travailleurs détachés, la réciprocité commerciale sont autant de sujets qui auront un impact sur la vie de nos concitoyens. L’autre chantier, ce sont nos projets bilatéraux : la relation en matière économique, fiscale, éducative, de sécurité, de Défense extérieure et de politique internationale. Ce sont des sujets d’extrême importance sur lesquels des réformes seront conduites », a expliqué Emmanuel Macron. Ce dernier a également évoqué la création d’une « feuille de route franco-allemande pour pouvoir avancer dans les prochaines années sur ces sujets ». 

« Notre relation a besoin d’avoir encore plus de confiance. Le couple franco-allemand a besoin de réimprimer encore plus de pragmatisme et de volontarisme. C ‘est dans cet esprit-là que nous allons travailler ensemble. La réussite de nos deux pays est profondément liée et que d’elle dépend la réussite entière de l’Europe », a réaffirmé le président, remerciant Angela Merkel pour son « pragmatisme » durant la campagne.
Interrogé sur sa vision du couple franco-allemand, Emmanuel Macron a expliqué : « Je pense que nous sommes à un moment historique de l’Europe. Il y a la montée des populismes qui est la conséquence directe de populations qui doutent. Je crois à la refondation historique, donc je crois à la confiance réciproque. Il faut que chacun croit à ce qu’il a à faire. Mme la chancelière a à accomplir un travail de conviction auprès de son opinion publique. Mais nous avons besoin d’une vraie refondation historique de l’Europe. L’un des axes forts de mon mandat sera d’avoir une politique forte, intense, responsable entre la France et l’Allemagne, de restaurer une confiance pleine et entière. Notre devoir est d’organiser un acte de refondation de l’Union européenne ».

Interrogé sur la foule qui attendait le président français à son arrivée à la chancellerie, « sans précédent depuis la visite de Barack Obama », selon le journaliste, Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté de mettre en oeuvre des mesures pour redonner confiance en l’Union européenne. « Sans l’Europe, nous n’aurions ni la paix, ni la liberté, ni la prospérité. À oublier ce trésor passé nous risquons de le mettre en péril. Cela nous oblige à le remettre en perspective. Ce que je souhaite, c’est que dans cinq ans il y ait la même foule parce que nous aurions eu des résultats », a-t-il ajouté.

La chancelière allemande a abondé dans le même sens : « La magie ne pourra durer que s’il y a des résultats. C’est cela qui guide nos actions. Le président a dit hier que ce qu’il souhaitait est que les gens en France soient de nouveau optimistes, heureux. Je suis entièrement d’accord avec cela ».

La chancelière est maintenant interrogée sur d’éventuels changements des traités européens : « Nous avons évoqué brièvement ce sujet. Il est possible de modifier les traités si cela a du sens. Nous devons renforcer la zone euro. Ce n’est pas quelque chose qui doit être seulement négocié sur le plan intergouvernemental. S’il faut les modifier, je serais tout à fait prête à le faire. Mais nous devons dire pourquoi nous devons les modifier », a répondu Angela Merkel. « Il n’y aura pas de tabou », a complété Emmanuel Macron, n’excluant pas un changement des traités « si cela est nécessaire ». En réponse à une question sur le signal donné par la nomination de son chef de gouvernement, Edouard Philippe, Emmanuel Macron a par ailleurs souligné sa volonté de poursuivre la « recomposition politique » ouverte en France par son élection. « La recomposition politique que j’ai entamée depuis plusieurs mois et qui a conduit à mon élection se poursuit et se fera dans le cadre de mon élection présidentielle et de ce que le peuple français à voulu, ni plus ni moins », a déclaré le chef de l’État.

Interrogé sur sa volonté de mettre en place un « Buy european act », qui impliquerait de favoriser l’achat de produits européens, le président français a précisé sa philosophie en la matière : « Je souhaite que nous ayons une Europe qui protège mieux, et que nous ayons parfois moins de naïveté. Aujourd’hui l’Europe défend moins bien ses entreprises et ses travailleurs que les Etats-Unis, mais je crois au libre-échange. On a le droit de le croire sans être naïf. Sur les politiques d’achat public, je souhaite que nous imposions la réciprocité. Je pense que c’est du pragmatisme ». 

Et la chancelière allemande de déclarer : « Il y a des différences dans nos points de vue. En ce qui concerne nos relations commerciales et l’élément de réciprocité, je considère que cela est tout à fait envisageable. Je crois que ce qu’a dit le président est important. Nous devons avoir un cadre juridique harmonisé. Nous avons des points communs, mais nous avons encore beaucoup de travail à faire. Mais nous avons très bien démarré ».

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s