2017 Le Débat entre deux tours : Emmanuel Macron face à Marine Le Pen 

Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les deux candidats qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle, débattront mercredi 3 mai, à partir de 21 heures sur TF1 et France 2. Un échange télévisuel très attendu et dont les conditions d’organisation ont été fixées avec les deux camps, sous l’arbitrage du CSA.Nathalie Saint-Cricq, responsable du service politique de France 2, et Christophe Jakubyszyn, directeur adjoint du service politique de TF1-LCI seront aux manettes de ce débat. Les téléspectateurs pourront regarder le débat en direct à partir de 21 heures, sur TF1, France 2, mais aussi sur les chaînes d’information CNews et BFM TV. Vous pourrez également suivre l’intégralité de la confrontation sur Europe 1,RTL .

L’échange doit durer 2h20. Un tirage au sort réalisé le 25 avril a décidé de la répartition des sièges et du temps de parole. Marine Le Pen sera donc assise à gauche, par rapport aux caméras, et Emmanuel Macron à droite, tous deux de part et d’autre d’un bureau de 2,50 m de large. La candidate frontiste sera également la première à prendre la parole, tandis que la conclusion reviendra au leader d’En Marche!. L’échange se déroulera sous l’oeil de quatorze caméras, dont une filmant les candidats à leur arrivée dans les studios.C’est à Marine Le Pen d’ouvrir le bal. Elle se dit « heureuse », attaquant sans attendre Emmanuel Macron, « enfant-chéri du système », candidat de la « mondialisation sauvage », de la « guerre de tous contre tous ». Au contraire, elle serait « la candidate du peuple » et de « la nation qui protège ».

Réponse d’Emmanuel Macron aux attaques de Marine Le Pen : « Vous n’êtes en tout cas pas la candidate de l’esprit de finesse », dit l’ancien ministre de l’Economie. Il charge la fille de Jean-Marie Le Pen sur son héritage, sur sa « logorrhée » et sa volonté de « sortir de l’Europe ». Face à « l’esprit de défaite » qu’aurait son adversaire, lui met en avant « l’esprit de conquête » de la France.

  • Que proposent les candidats sur le chômage ?

Emmanuel Macron : « Le problème de la France depuis 30 ans est le taux de chômage. Nous somme les seul pays d’Europe qui n’a pas réussi à endiguer ça. Le taux de chômage des jeunes est très important. Face à ça il faut donner à nos PME la possibilité de créer davantage d’emplois, d’être plus flexible, de s’adapter aux cycles économiques. Je veux de la simplicité pour créer un droit à l’erreur ».

Le candidat d' »En Marche ! » souhaite mettre en place un « droit du travail qui n’est pas comme aujourd’hui déterminé partout pour tout, mais qui puisse renvoyer à des accords majoritaires ». « Une entreprise qui peut négocier un accord majoritaire avec les représentants, qui organise différemment, peut davantage faire face aux risques économiques et à la concurrence », ajoute-t-il.

Marine Le Pen : « Monsieur le ministre de l’Économie ou le conseiller économique auprès de François Hollande, si vous avez la recette pour réduire le chômage, pourquoi est-ce que vous n’avez pas fait profiter Monsieur Hollande de vos recettes ? Pourquoi vous présentez-vous à la présidence de la République ? Votre politique a été catastrophique. Vous avez les vôtres (…) Vous êtes la France qui se soumet à la concurrence déloyale (…) Vous n’avez pas d’esprit national ».

Emmanuel Macron répond : « Dans le projet que je porte, je propose de baisser l’impôt sur les sociétés. Vous ne proposez rien, vous êtes depuis toute à l’heure dans l’insinuation. Les Français et les Françaises méritent mieux que cela. Ils méritent d’avoir la vérité plutôt que les insinuations (…) Madame Le Pen ne veut pas faire un débat sur le fond. Nous avons besoin pour les TPE-PME de simplicité, d’avoir plus de pragmatisme. Il n’y a pas de fatalité, vous ne proposez rien. je propose de créer de l’emploi pour les indépendants, des TPE-PME et les industriels ».

  • Faut-il revenir sur les 35 heures ?

Marine Le Pen : « Je veux que les négociations aient lieu par branche. Monsieur Macron par entreprise, c’est fratricide, car cela engendrera une concurrence nationale déloyale ».

Emmanuel Macron aborde le sujet de l’usine Whirlpool : « Pendant que vous faisiez votre numéro avec les caméras, j’étais avec l’intersyndicale. Ils ont bien compris que vous ne proposez rien. Je vais me battre pour la reprise du site industriel. C’est un vrai combat. Je suis infiniment plus crédible que vous. J’ai eu des victoires, j’ai eu des échecs mais je me suis battu. Jamais, je n’ai fait ce que vous avez fait : allez profiter de la détresse des gens ».

  • Les thèmes de l’impôt et du pouvoir d’achat sont abordés : 

Emmanuel Macron : « Je propose de faire des économies pour faire baisser les impôts des entreprises et des ménages. Si on ne fait pas d’économies, on ne peut pas baisser les impôts. L’État est en déficit, je propose de faire 60 milliards d’économies pour faire baisser notre déficit de 40 milliards d’euros. Si la croissance se porte mieux que ce que j’ai prévu, je réaffecterai ce que qu’on gagnera sur la baisse d’impôts ». 
Marine Le Pen : « Vous voulez baisser la taxe d’habitation mais vous voulez augmenter la CSG pour les travailleurs et les retraités ». 

Emmanuel Macron répond : « Je veux aller au bout de ce système où l’assurance chômage est universelle. Je finance le chômage par l’impôt. Je supprime pour tous les travailleurs les cotisations chômage et santé. Ils auront un gain de pouvoir d’achat ».
Marine Le Pen : « Si vous retirez les aides au logement, il y a une série de personnes qui ne pourront plus se loger. Je veux que l’aide soit augmenté. Je pense aux familles aussi, parce que vous n’y pensez pas, avec l’universalité du quotient familial. Je suis la candidate du pouvoir d’achat, vous êtes le candidat du pouvoir d’acheter et de dépecer la France. Dans votre société, tout est à vendre et à acheter, les hommes sont à acheter. Vous ne voyez les rapports humains que par rapport aux dividendes que cela peut rappeler. Dans ma vision, tout n’est pas à vendre et ne fait pas l’objet d’un poids financier, la France c’est bien autre chose ».
Emmanuel Macron : « C’est une civilisation ouverte avec ce que vous portez. Ce n’est pas la xénophobie ou de supprimer les crédits au planning familial. Vous avez une vision de la famille qui n’est pas celle de la France ». « C’est leur argent (…) Vous avez la position du candidat choisi par défaut. Vous devriez faire preuve de moins d’arrogance », martèle Marine Le Pen. « Vous mentez en permanence. Vous faites une liste que vous ne chiffrez pas. Je veux juste que nos concitoyens sachent que je les soutiendrai. Avec vous, quelqu’un va payer. Je dis que votre projet est un projet caché », répond le candidat « En Marche ! »
« J’assume tout mon mandat de ministre », affirme Emmanuel Macron, attaqué par Marine Le Pen sur le bilan du quinquennat actuel. L’échange se tend ensuite sur la GPA (Gestation pour autrui). Pour rappel, les deux candidats ne veulent pas la légaliser s’ils sont élus.

  • Comment sauver le système de protection sociale ?

« Je veux sauver le système de protection sociale », annonce Marine Le Pen, désireuse de faire des économies grâce notamment à la vente à l’unité des médicaments. Les déserts médicaux ? « Il faut augmenter le numerus clausus, que vous n’avez pas augmenté. Il faut mettre en place un stage d’internat de six mois dans les territoires sous-denses », précise-t-elle.

Marine Le Pen dénonce la présence dans l’équipe d’Emmanuel Macron d’un « lobbyiste de Servier ». « J’ai une mauvaise nouvelle : 80% des médicaments sont faits à l’étranger. Avec la taxe à l’importation que vous proposez, ça va coûter plus cher », critique le leader d’En Marche !, dénonçant « l’incohérence » de ce qu’elle propose. « Des laboratoires français, il y en a. Et il faut les développer. Mais cela ne se fait pas d’un claquement de doigts, cela ne se passe pas comme ça dans la vraie vie. Peut-être sur un plateau télé, mais pas dans la vraie vie », enchaîne-t-il.  

  • À quel âge les Français doivent-il partir à la retraite ?

Marine Le Pen : « 60 ans et 40 annuités. Je m’engage pour que ce soit le cas dès la fin du quinquennat ». 

Je croyais que c’était sous deux mois », moque Emmanuel Macron. « Parlez de votre projet mais pas du mien », se défend Marine Le Pen. Elle évoque ensuite la responsabilité « du système » dans les difficultés rencontrées pour financer les retraites. Pêle-mêle, elle cite le chômage de masse ou encore la mondialisation comme les causes de ces déficits.

C’est le triangle des Bermudes du Medef. Ce sera peut-être Madame Parisot votre Premier ministre… », accuse Marine Le Pen en parlant du programme d’Emmanuel Macron en matière de retraites.Laurence Parisot ne sera pas la Premier ministre d’Emmanuel Macron, explique-t-il.

  • Le Terrorisme 

Marine Le Pen : « La sécurité et le terrorisme est une problématique absolument majeure, totalement absente de votre projet : aucune proposition qui tienne la route, c’est à dire que la sécurité physique de nos compatriotes et la lutte contre le terrorisme vous ne voulez pas le mener. Contre le terrorisme il faut retrouver nos frontières nationales tout de suite, je le ferai immédiatement après mon arrivée au pouvoir. il faut qu’on expulse tout de suite les fichiers S étrangers sur nos territoires : tous ceux qui ont un lien dehors. Tous ceux qui sont binationaux on mettra en place la déchéance nationalité. Je sais que vous êtes contre cela ».

Emmanuel Macron : « Vous me laisserez expliquer mon projet, expliquez le votre. Ça va les terroriser les déchéance ceux qui veulent se faire sauter, c’est un débat qui a déjà eu lieu, ça ne règle rien, mais continuez. La déchéance de nationalité ne fait pas trembler il faut aller plus profond et plus concret ».

  Marine Le Pen : « Avant qu’ils aient commis l’attentat, déchéance de nationalité, expulsion immédiate déjà tous ceux là ne sont plus sur le territoire et nos policiers et gendarmes peuvent surveiller un nombre réduit. Laisser 11 000 personnes de fichiers S pour fondamentalisme islamiste c’est une véritable honte. Le lendemain de l’attentat sur les Champs-Elysées vous avez dit : je ne vais pas inventer un programme dans la nuit contre le terrorisme (…) Il faut s’attaquer à la racine du mal. Il faut fermer les mosquées salafistes, les dealeurs de haine. L’UOIF, c’est une association islamiste qui soutient Monsieur Macron. Il faut s’attaquer à l’intégralité de ces associations. Il faut éradiquer l’idéologie du fondamentalisme et vous ne le ferez pas Monsieur Macron, parce qu’ils vous tiennent »

Emmanuel Macron : « Le terrorisme est ma priorité. Sur les fichés S, ce sont des fiches de renseignement. Tous les mettre en prison ou hors des frontières n’aurait pas de sens. Depuis le début des attentat, un quart était fiché S. Je suis pour une mesure plus chirurgicale. Le renseignement a été démantelé. Tous nos territoires sont touchés par le terrorisme. je vais créer une ‘task force’ qui coordonnera les services de renseignement. La fermeture des frontières, ça ne sert à rien ».Nous avons besoin d’une plus grande collaboration entre les pays européens. Madame Le Pen vous avez été contre toutes les réformes que l’Union européenne a porté contre le terrorisme ».

  • Que fait-on des Français qui se radicalisent ?

Emmanuel Macron : « On doit s’interroger quand des jeunes Français qui sont nés en France, qui ont grandi en France, suivent des fanatiques et détruisent notre pays. Je veux mener une guerre intraitable hors de nos frontières. Il y a des déséquilibrés dans celles et ceux qui se radicalisent, il faut avoir un travail préventif. Notre République doit donner une place à chacune et chacun. Nous devons mener une lutte intraitable, avoir une tolérance zéro (…) Notre République enclave, nous avons une part de responsabilité. En tant que chef des armées, je serai intraitable et je mènerai la lutte sur tous les plans. Le piège qu’ils nous tendent, c’est ce que vous portez, la guerre civile. Lutter contre les terroristes, ce n’est en aucun cas céder à ce piège ».
Marine Le Pen : « Je défends la France en toutes circonstances. Est-ce que vous ne croyez pas que vous avez une responsabilité de la haine qui se développe quand vous allez en Algérie pour dire que la France a commis un crime contre l’humanité (…) La radicalisation doit être gérée par les tribunaux. On arrête toutes les associations sportives, sociales, culturelles qui se sont développées dans lesquelles il y a des revendications religieuses »

Emmanuel Macron : « Je ne suis ni dans la repentance, ni dans le déni. Vous avez insulté beaucoup de Français et de Françaises sur la rafle du Vel d’Hiv ». « Tout ce qui vise à alléger la responsabilité du régime de Vichy est mal venue. Cette utilisation en dit beaucoup sur vous », répond Marine Le Pen. 
Emmanuel Macron : « Sur l’UOIF, si ils prononcent, invitent ou mènent des activités contraires aux lois de la République, je la supprimerai. Ces gens-là, je ne les connais pas, je n’ai pas de relation avec eux. Ce cynisme c’est le votre, allez chercher dans vos archives. Ce débat a un mérite formidable, c’est de pouvoir vous entendre tenir des propos en faveur des homosexuels et des juifs. Je ne plaisante pas, ne mentez pas. L’UOIF, c’est chez vous qu’elle va faire des réunions publiques ». 

  • Que signifient la tolérance zéro ?

Emmanuel Macron : « 10.000 postes de policiers et de gendarmes sur le territoire (…) Je veux recréer une police de proximité. Je leur donne deux pouvoirs. D’amende : Je veux qu’un fonctionnaire de police ou de gendarmerie sanctionne, comme pour les délits routiers »
C’est plus efficace qu’un classement sans suite (…) Si elle n’est pas réglée, il y aura une procédure pénale. Il faut que nos forces de police puissent, avec l’autorisation du juge, leur demander de ne pas rester là. C’est une procédure accélérée de 48 heures. Outre ses moyens, je veux que notre justice soit intraitable. Toutes peines prononcées seront exécutées. Je reviendrai totalement sur la loi Taubira ».

Marine Le Pen : « Vous êtes l’héritier de François Hollande qui vous soutient deux fois par jour. Pourquoi vous n’acceptez pas cet héritage. Vous êtes parti du système pour pouvoir organiser votre campagne ». 

  • Quelle est leur vision de l’Europe ?

Marine Le Pen : « L’UE aura laissé la place à l’alliance européenne. Les pays conserveront leur souveraineté et maîtriseront leurs frontières, garderont la maîtrise de leur monnaie (…) Nous ferons du protectionnisme intelligent et la maîtrise de nos accords commerciaux. Je sais que Monsieur Macron est en faveur du CETA et du TAFTA. Je souhaite entrer en négociation pour organiser une conférence des chefs d’État et de gouvernement, faire un référendum constitutionnel, ce sera en septembre. Parallèlement, je mettrai en place les mesures que je peux mettre en place sur le plan économique. Il y a la possibilité d’aller à l’encontre des mesures européennes, comme la directive des travailleurs détachés. À l’issue de ces négociations, je ne ferai rien contre le peuple français (…) Je me tournerai vers les Français et je leur livrerai la négociation. JE leur demanderai s’ils estiment que c’est suffisant ou non. J’ai dit six moi, c’est un délai indicatif. L’important, c’est d’obtenir cette négociation »
« L’euro c’est important. Ce n’est pas qu’une politique. On sort ou pas de l’euro ? On revient au franc ? », demande Emmanuel Macron. « Je veux renégocier pour qu’on s’en libère. Non on ne payera pas avec de l’euro. Les banques centrales et les entreprises le feront mais pas pour les Français, les particuliers et les petites entreprises. Les Français auront une monnaie dans leur portefeuille et qui permettra de retrouver du pouvoir d’achat », répond Marine Le Pen.
Emmanuel Macron : « Une grande entreprise ne pourra pas payer en euro d’un côté et ses salariés en franc de l’autre. Notre dette elle sera payée en euro ou en franc ? C’est le grand n’importe quoi du projet de Marine Le Pen. La Grande-Bretagne n’a jamais été dans l’euro. Je suis contre tout ce que dit Madame Le Pen. Qui joue avec les peurs ? C’est vous. La grande prêtresse la peur, elle est en face de moi. Sortir de l’euro est un projet mortifère et votre bidouillage avec Nicolas Dupont-Aignan est mauvais. L’éleveur du Cantal aujourd’hui achète ses produits à l’étranger et il payera ses salariés en franc ? Vous allez décidé pour les autres ? Pour les 27 pays et leur expliquer qu’ils font sortir avec vous ? Tout cela n’existe pas deux secondes (…) La France n’est pas un pays fermé. Je suis le candidat d’une France forte, dans une Europe qui protège ». Emmanuel Macron veut montrer que les mesures envisagées par Marine Le Pen auraient pour conséquences de « baisser la compétitivité » des entreprises en France, qui « n’est pas un pays fermé ». « Votre projet est mortifère sur le plan du pouvoir d’achat », enchaîne-t-il. La solution, selon lui, ce sont « les réformes qui n’ont pas été faites ».

« De 1993 à 2002, toutes les grandes entreprises pouvaient payer en écu, Monsieur Macron, ne faites pas semblant de le découvrir », a lancé Marine Le Pen pour défendre son projet d’un retour à deux monnaies : une monnaie nationale et une monnaie commune à l’Europe.

 La réalité, toutefois, est bien plus nuancée. Marine Le Pen fait ici référence à l’ECU, acronyme de European Currency Unit (Unité de compte européenne). Il ne s’agit pas à proprement parler d’une monnaie mais d’un panier de valeurs mis en place de 1979 à 1998 au sein de l’Union européenne. Le but de ce système était de stabiliser les fluctuations des taux de change des différentes monnaies européennes et ainsi éviter tout déséquilibre au sein de l’UE. L’ECU était utilisé comme unité de compte par les institutions européennes et les banques centrales. Cet outil de stabilisation monétaire a été abandonné en 1999 au moment du passage à l’euro et Marine Le Pen reconnaît elle-même que l’ECU « n’a pas été, c’est vrai, une grande réussite » !

Emmanuel Macron ne propose pas « le grand n’importe quoi » que serait le projet de Marine Le Pen et veut un « euro qui protège » avec une politique commerciale au niveau européen. « Je veux une Europe plus rapide et moins bureaucratique », résume-t-il.

De son côté, c’est un « Etat stratège » que souhaite piloter Marine Le Pen. « Vous n’envisager de ne rien faire sans l’accord de Madame Merkel, attaque Marine Le Pen. De toute façon, la France sera dirigée par une femme, ce sera moi ou Madame Merkel. » « Mais arrêtez les formules toutes faites », rétorque le leader d’En Marche !. 

Les tensions restent très vives sur le plateau, alors qu’Emmanuel Macron veut montrer que Marine Le Pen au pouvoir conduirait « la France à une sortie de l’Histoire ». « L’invective à l’égard de l’Allemagne n’a jamais fait progresser la France. Notre vraie guerre économique, elle est avec la Chine », enchaîne-t-il.

La focale est maintenant placée sur les relations de la France avec les Etats-Unis et la Russie.La ligne d’Emmanuel Macron sur les relations internationales ? « Elle est gaullo-mitterrandienne », indique-t-il. « Ma priorité sera la lutte contre le terrorisme islamiste ». Il souhaite d’ailleurs proposer à Monsieur Trump de continuer ce combat », parlant d’une coopération forte nécessaire. Sur le plan économique, il veut « un marché européen intégré et fort » pour faire face aux pressions des autres grandes puissances.

Concernant Vladimir Poutine et la Russie, Emmanuel Macron attaque frontalement sa concurrente : « En aucun cas, je ne serais soumis au diktat de monsieur Poutine, c’est ma grande différence avec Madame Le Pen qui est dans un projet de soumission. »

Les divergences sont aussi nombreuses en matière de diplomatie. Pour Marine Le Pen, « la France doit être à nouveau l’Etat de toutes les nations », critiquant « les leçons de morale » que donneraient les socialistes à une partie du monde. Emmanuel Macron intervient pour rectifier sa position sur le Qatar : « Je vous coupe la parole parce que vous dîtes des bêtises », explique-t-il. « Calmez-vous, laissez-moi terminer », s’agace la candidate frontiste.

  • L’éducation 

Emmanuel Macron veut cibler ses action en matière d’éducation sur les zones d’éducation prioritaire, avec la réduction du nombre d’élèves par classe en CP et en CE1, sans oublier le rapprochement des lycées avec le monde professionnel. Il souhaite également développer l’apprentissage, « indispensable », avec des règles « à simplifier ». 

Pour Marine Le Pen, « l’école a été saccagée par les socialistes ». « Il faut revenir à une école qui transmet dans la discipline, le retour de l’autorité nécessaire du maître », estime-t-elle. La candidate frontiste se prononce également pour la valorisation des filières professionnelles et la sélection « au mérite » dans l’enseignement supérieur. « La laïcité doit s’imposer partout à l’école », glisse-t-elle à propos du voile à l’université. 

  • La modernisation de la vie politique 

Les sujets s’enchaînent plus rapidement à l’approche de la fin du débat. Sur la modernisation de la vie politique, Emmanuel Macron « souhaite réduire d’un tiers le nombre de parlementaires », instaurer une dose de proportionnelle aux élections législatives et limiter à trois le nombre de mandats consécutifs. Aucun des candidats de son mouvement « n’aura un casier judiciaire ni une peine d’inéligibilité », assure-t-il. « Le parti des affaires ce n’est pas le mien, c’est le vôtre ». 

Marine Le Pen contre-attaque sur les affaires par des sous-entendus. « J’espère qu’on n’apprendra pas que vous avez un compte offshore aux Bahamas ! », lance-t-elle à son adversaire. « Vous venez encore de montrer à quel point vous êtes indigne en insinuant que nos juges ne sont pas indépendants. La France mérite mieux que vous », rétorque Emmanuel Macron. « Pour être debout je n’ai pas besoin de salir », enchaîne-t-il. 

  • La Carte Blanche 

Emmanuel Macron choisit de consacrer sa conclusion aux « personnes en situation de handicap ». Il propose de revaloriser l’allocation adulte handicapé, à plus de 100 euros par mois et de faciliter l’accès des enfants handicapés, « notamment les jeunes autistes » à l’école. « Ce sera une des priorités de mon quinquennat », assure-t-il. 

C’est au tour de Marine Le Pen de conclure, pour donner sa « philosophie générale ». « La France que vous défendez, ce n’est pas la France, c’est une salle de marché », adresse-t-elle à son adversaire. « La France a été jetée dans le chaos par tous ceux qui vous soutiennent dans cette campagne présidentielle. Il est largement temps de la remettre en ordre. » 

« On vous demande une carte blanche, et vous salissez l’adversaire », lui rétorque Emmanuel Macron. « Le pays vous importe peu, vous n’avez pas de projet pour lui. Votre projet consiste à vivre de la peur et des mensonges. (…) Vous êtes la coproduction du système que vous dénoncez, vous êtes son parasite », dénonce le candidat d’En marche !, toujours légèrement en retard au niveau des temps de parole. « Très classe », souffle Marine Le Pen. 

  • La conclusion du debat 

On passe à la conclusion de Marine Le Pen. « Vous voulez livrer la France à une immigration massive », adresse-t-elle à Emmanuel Macron. « Vous êtes entre les mains des communautaristes, vous parlez d’unité mais le communautarisme c’est le contraire de l’unité, c’est le projet qui consiste à déstructurer notre pays, à l’affaiblir », estime-t-elle. 

« La France mérite mieux que cela », répète Emmanuel Macron en réponse à son adversaire. « Je ne vous ai moi, jamais menti, jamais expliqué que j’allais faire des cadeaux sans vous expliquer comment j’allais les financer », poursuit-il à l’adresse des téléspectateurs. « Je veux un esprit de conquête avec des vraies réformes, des vrais changements. » 

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