Hommage à Brahim Bouarram

Emmanuel Macron, Anne Hidalgo et Jean-Luc Mélenchon ont rendu tour à tour hommage au jeune homme poussé dans la Seine par des skinheads il y a vingt-deux ans.Plusieurs élus ont rendu hommage, lundi 1er mai à Paris, à la mémoire de Brahim Bouarram, un Marocain de 29 ans poussé il y a vingt-deux ans du pont du Carroussel dans la Seine par des skinheads en marge du défilé organisé tous les ans par le Front national (FN).Le candidat d’En Marche!, accompagné de l’ancien maire PS de Paris Bertrand Delanoë qui le soutient, est venu rendre hommage au jeune marocain de 29 ans, poussé dans la Seine par un petit groupe de skinheads depuis le pont du Carroussel il y a 22 ans jour pour jour. Le jeune homme avait péri noyé. Interrogé par un journaliste sur le fait de savoir si le FN avait changé, Emmanuel Macron a répondu : « beaucoup de gens s’y sont habitués. Mais pas moi. A-t-il renié cela ? Avez-vous encore entendu les propos de la dirigeante du parti d’extrême droite sur le Vél d’Hiv il y a quelques semaines ? », ajoutant ensuite : « Les racines sont bien là. Elles sont vivaces. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. »

« Moi, je n’oublierai rien et je me battrai jusqu’à la dernière seconde non seulement contre le projet qu’elle (Marine Le Pen, ndlr) porte mais contre l’idée qu’elle a de la démocratie et de la République. Ça n’est pas la mienne », a affirmé le candidat.La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, qui a appelé à voter pour M. Macron pour faire barrage à l’extrême droite, était venue plus tôt déposer une gerbe sur les lieux de la mort de Brahim Bouarram. Elle était elle aussi accompagnée du fils de M. Bouarram, âgé de 9 ans à l’époque du drame et venu vivre en France en 2011, ainsi que du sénateur David Assouline et de la députée Seybah Dagoma, tous deux socialistes.Peu avant midi, Jean-Luc Mélenchon, arrivé en quatrième position au premier tour de la présidentielle, est lui aussi venu rendre hommage à la mémoire du jeune Marocain assassiné. Le leader de La France Insoumise a mis en garde dimanche ses électeurs contre la « terrible erreur » que représenterait un vote en faveur du Front national.

Pendant ce temps, Jean-Marie Le Pen déposait une gerbe devant la statue de Jeanne d’Arc. Dans son discours, il s’en est notamment pris au candidat d’En marche !, qui s’était rendu dimanche au Mémorial de la Shoah : « Emmanuel Macron a fait la tournée des cimetières, c’est un mauvais présage pour lui. » En 1995, celui qui était président du FN avait minimisé l’agression qui a entraîné la noyade de Brahim Bouarram, y voyant même une manipulation et une provocation contre son parti.

Ce jour-là, le Front national organisait son traditionnel défilé du 1er mai, en hommage à Jeanne d’Arc. Plusieurs militants venus de ce rassemblement s’étaient alors rendus sur le pont et avaient poussé Brahim Bouarram, âgé de 29 ans et père de deux enfants.

À  une semaine du deuxième tour de l’élection présidentielle de 1995, le meurtre avait eu un retentissement national. Deux jours plus tard, le président sortant, François Mitterrand, avait rendu hommage à la victime en jetant un brin de muguet dans la Seine, à l’endroit ou Brahim Bouarram s’est noyé. Ce même jour, une manifestation avait réuni 12.000 personnes contre le racisme.Depuis, Brahim Bouarram est devenu un symbole de la lutte contre le racisme. En 2003, Bertrand Delanoë, alors maire de Paris, avait fait poser une plaque commémorative sur le lieu de sa mort.

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