Présidentielle 2017 : Ce qu’il faut retenir du 15 Minutes pour convaincre 

Dernier grande émission politique avant le premier tour, dimanche 23 avril pour les onze candidats à l’élection présidentielle. Ce Jeudi 20 avril, sur France 2, ils se succéderont à partir de 20 heures pour tenter de convaincre les électeurs encore indécis de leur apporter leur suffrage et répondront aux questions de David Pujadas et Léa Salamé. Dans un premier temps, chaque candidat répond pendant 15 minutes aux questions de David Pujadas et Léa Salamé. Ils se succèdent sans se croiser et ne débattent pas. Selon un tirage au sort, c’est Jean-Luc Mélenchon qui ouvre le bal, puis suivent Nathalie Arthaud, Marine Le Pen, François Asselineau, Benoît Hamon, Nicolas Dupont-Aignan, Philippe Poutou, Emmanuel Macron, Jacques Cheminade, Jean Lassalle et enfin François Fillon.Après ces 11 passages, les prétendants reviennent sur le plateau, tous ensemble cette fois. Derrière des pupitres, ils ont 2 minutes 30 pour répondre 

Chaque candidat devait rapporter un objet qu’il « gardera dans son bureau présidentiel ». 

  • Jean-Luc Mélenchon, premier candidat à s’exprimer, a choisi un réveil, pour toujours garder à l’esprit « qu’il est temps que l’on se réveille » ! « Je dois me dire : ‘profite du temps qui passe pour tâcher de te rendre utile' », précise le candidat de la France insoumise. « Il est là pour me dire du matin au soir, il est temps de sortir du nucléaire, de lutter contre le changement climatique, de sortir de la monarchie présidentielle », enchaîne-t-il. 

Jean-Luc Mélenchon a choisi en carte blanche sa mesure concernant « le fin du règne de la caste ». « Je pense qu’il faut qu’on convoque une assemblée constituante où le peuple redéfinira les enjeux politiques. On convoque la constituante, ils prennent le temps qu’il faut. Une partie des personnes seront tirées au sort. Cette idée est pour que cela ne soit pas entièrement le résultat d’un ‘vote normal’ (…) Il ne faut pas croire que les Français sont une bande d’agités. Ils veulent la stabilité des institutions et pouvoir intervenir (…) Le pouvoir sera fort, si le peuple y consent ».

Il ajoute : « Je pense que la force vient de l’intelligence collective. Un chef d’État, un maire qui ne parlerait avec personne… Ce n’est pas un élu du peuple. Faite confiance à l’intelligence des gens, à l’intelligence collective ». Sur la Russie, il explique qu’il ne connaît « ni maître, ni ennemi ». « Je suis pour une France indépendante, qui soit championne du monde de la paix. Je suis hostile aux G8 et G20 qui sont des petits clubs de riches (…) Je n’ai jamais proposé une conférence pour rediscuter les frontières de l’Europe (…) Il n’y a pas d’Europe sans la France ». 

Est-ce que vous avez envisagé de faire autre chose que de la politique ? « J’ai énervé beaucoup de monde et agacé plus d’une fois le président Mitterrand. Je l’aimais beaucoup et j’essaye de mettre mes pas dans les siens », répond Jean-Luc Mélenchon. A-t-il un regret ? « Non, j’ai beaucoup de gratitude à l’égard des personnes qui se sont manifestées. Je remercie mes équipes ».

  • Nathalie Arthaud 

L’objet qu’elle apporterait dans le bureau de l’Élysée est la photo de John Carlos et Tommie Smith, lors des Jeux Olympiques de 1968. « Je crois qu’à l’époque ça leur avait demandé énormément de courage et avait parlé à des millions d’opprimés. Je suis convaincue que les travailleurs changeront la société », explique-t-elle.

« Il y a beaucoup d’entreprises qui sont nationalisées et qui se conduisent comme celles qui sont privées. Il faudrait que dans les conseils d’administrations soient composés de salariés, des travailleurs du groupe, de la population. Ils fonctionneraient en imposant des décisions dans l’intérêt collectif et non pas ceux d’une minorité », ajoute-t-elle. 

Pour sa carte blanche, la candidat Lutte Ouvrière souhaite « permettre aux salariés, comptables, secrétaires, ouvriers, de dire toutes les informations qu’ils connaissent et transformer tous les salariés en lanceurs d’alerte. On verrait ce qui est verser en salaire, en dividende, de qui échappe à l’impôt et au fisc. Ce serait une arme fantastique pour les salariés puissent se défendre. À partir du moment, où les salariés verraient qu’il y a des choix qui ne répondent qu’aux intérêts des grands patrons, ils pourraient contester et prendre en main l’entreprise ». Elle ajoute : « Je pense que l’état d’urgence a pu avoir son utilité au lendemain des attentats, par son effet de surprise. Je m’en réfère à ce que disent les experts. Il a été beaucoup instrumentaliser. Il y a beaucoup de démagogie ».

Quel est son regret pendant la campagne ? « Globalement, je suis fière de la campagne que nous avons menée. C’était collectif et militant. J’espère que beaucoup ce sont reconnus dans ce que j’ai dit et iront voter pour Nathalie Arthaud dimanche ».

  • Marine Le Pen 

Quel est l’objet qu’elle installerait dans son bureau de l’Élysée ? « C’est une clé qu’un chef d’entreprise m’a donné. C’est celle de son entreprise ». « Je compte engager une grande négociation pour rendre aux Français leur souveraineté : maîtrise des frontières, de leur économie et de leur monnaie. Les Français ont vu l’euro changer valeur de façon spectaculaire (…) Bien entendu on peut faire des choses, mais il faut retrouver la liberté de les faire et l’Union européenne nous empêche de les faire. Je veux retrouver la voie de la création d’emplois ».
La candidate Front national a choisi la sécurité et le terrorisme comme carte blanche : « Que ce sujet soit totalement absent, alors qu’il est aussi grave m’apparaît ahurissant. je pense que rien n’a été fait. Nous subissons les conséquences d’un laxisme qui n’a pas cessé depuis des années. Je veux que les victimes soient à nouveau considérées (…) Il faut s’attaquer à la racine du mal, le fondamentalisme islamique. Il faut s’attaquer au communautarisme, à son développement dans nos banlieues, il faut expulser les imams qui prêchent la haine et expulser les fichés S. Tous les fichés S étrangers qui ont un lien quelconque avec le fondamentalisme islamique doivent être expulsés. Je serai d’une fermeté absolument totale, je suis une mère, j’ai trois enfants et je ne veux pas que des Français viennent me dire qu’ils ont peur quand ils vont vers des courses à La Défense ».

Marine Le Pen poursuit : « J’ai beaucoup de mal à supporter la multiplication des humiliations subies par notre pays de la part d’Angela Merkel (…) On ne se met jamais, quand on est un pays indépendant et souverain, dans des conditions de chantage. Je veux que nous ayons des frontières nationales. Je n’ai aucune confiance dans la passoire de Schengen ». Elle explique avoir été déçue par la politique de Donald Trump qui a bombardé la Syrie : « Je pense toujours à la France. Je vois les conséquences de l’intervention en Irak, en Libye. Il a pris une décision contraire à ses engagements. J’espère que cela ne va pas redevenir une politique systématique de notre pays ».

Quel est son regret pendant la campagne ? « Je n’ai aucun regret. Peut-être celui de ne pas avoir pu multiplier des meetings que j’ai faits dans les petits villages de 800 ou 2.000 habitants. Je n’ai jamais de regret à dire la vérité aux Français. Je ne ferai rien sans le peuple français ou contre lui », explique-t-elle.

  • François Asselineau 

Quel est l’objet qu’elle installerait dans son bureau de l’Élysée ? « Un rameau d’olivier. C’est un symbole de paix, le symbole de la République et celui qui figurait sur la pièce de 1 franc. C’est un symbole méditerranée et son avenir passe aussi par la Méditerranée », répond le candidat.
Il explique : « Les Français n’attendent pas du chef de l’État qu’il soit polémiste ou qu’il stigmatise une partie de la population. Les services publics sont menacés année après année par les traités européens. Je ne vais pas obliger à privatiser. Je veux rendre aux Français la Sécurité sociale pour tous ». François Asselineau juge que « la guerre est illégale. Un État n’a pas le droit d’intervenir militairement dans un autre État ».

Sa carte blanche concerne la sortie de la France de l’Union européenne. « Hausse de la TVA, gel du SMIC, réforme du droit du travail avec la baisse de l’assurance chômage… Moi, je déchire cela ». Le seul regret que j’ai eu est de ne pas avoir été repris par la presse. On a des équipes formidables, je fais des meetings qui sont pleins et nous allons créer la surprise le soir du premier tour ». 

  • Benoît Hamon 

Quel est l’objet qu’elle installerait dans son bureau de l’Élysée ? « La carte vitale. Elle a été menacée par le projet politique de certains. Au delà de cette carte vitale, il faudra utiliser la carte d’électeur qui n’est pas une carte consommateur », indique-t-il. Mon analyse est que la révolution numérique va conduire à une raréfaction du travail. Les rapports se sont multipliés (…) Il permettra à 19 millions de personnes de bénéficier d’une augmentation du pouvoir d’achat. Ce n’est pas une incitation à la oisiveté ».

La carte blanche de Benoît Hamon est l’Europe. « Je n’ai pas envie que l’on joue à la roulette russe. (…) Je ne pense pas que la solution pour sortir de l’austérité soit l’Europe. 
« Si aujourd’hui notre politique étrangère est dépendante de quelques centaines de millions d’euros, c’est qu’il n’y a plus de diplomatie française » déclare Benoît Hamon qui se déclare en outre opposé à des « frappes unilatérales » sur la Syrie, désapprouvant ainsi l’action de Donald Trump en Syrie. « On aura une démocratie médiocre si l’on a une classe politique médiocre », affirme-t-il, faisant ensuite un plaidoyer pour un vote sincère, quelles que soient les prévisions des sondages.

  • Nicolas Dupont-Aignan 

Nicolas Dupont-Aignan emmènerait avec lui à l’Élysée un objet « qui ne le quitte jamais », une figurine réalisée à la main, qui lui a été offert par un enfant il y a de nombreuses années. « Il y a quantité de Français dans la difficulté (…) Je veux récompenser le travail », déclare-t-il, insistant sur le besoin de lutter contre le gaspillage pour remplir les innombrables « besoins sociaux ».

Sur le plan européen, il estime que la France n’a plus à accepter une Union européenne qui a « défiguré » la vision originelle de l’Europe. Sa conception consiste en un retour aux frontières et au monnaies nationales, ce qu’il explique dans le « traité alternatif » qu’il a préparé avec son équipe.
« Je veux que les Français sachent pourquoi la démocratie ne fonctionne plus », poursuit-il, illustrant ensuite ce qu’il considère comme l’influence néfaste de puissances financières en lisant un échange de messages avec un grand patron de presse français qui lui reproche ses propos sur François Fillon en le boycottant.

  • Philippe Poutou 

L’objet choisi par Philippe Poutou est un drapeau de la Guyane, un département paralysé en ce moment par une crise sociale historique et dont le combat pour une hausse du pouvoir d’achat et des investissement structurels est symbolique selon lui.

« On ne peut pas laisser aux capitalistes les moyens de diriger seuls », déclare Philippe Poutou, fidèle à son credo d’un retour du pouvoir aux salariés et de la nécessité que chacun ait un emploi. Il pointe du doigt ces « exploiteurs » qui gagnent de l’argent mais qui n’ont jamais rien fait eux-mêmes, se contentant de licencier à tour de bras. Interrogé sur un chef d’entreprise qui pourrait lui servir de modèle, il cite le cirque tzigane Romanes, qui fait office de modèle selon lui.
La carte blanche de Philippe Poutou concerne l’écologie, qui fait partie « des choses importantes » pour le NPA. Il propose de mettre en place un service public de l’énergie, en charge d’appliquer une politique cohérente et focalisée sur la transition vers de l’énergie renouvelable. « Il faut arrêter le nucléaire le plus vite possible », expliquant qu’il n’est pas question de supprimer des emplois mais de les transférer dans une autre activité.
Interrogé sur sa proposition de désarmement des policiers, il rappelle les nombreuses « agressions » des policiers dans certaines manifestations et déplore une surprotection policière actuellement. Il parle d’un « engrenage de violence » très dangereux et affirme que la police qui est « au contact de la population au quotidien » n’a pas à être armée. En termes de sécurité, il juge d’ailleurs que les frontières ne protègent absolument pas contre un risque quelconque et met en avant son souhait d’une « planète sans frontières » plus en accord avec l’histoire de l’humanité.

  • Emmanuel Macron 

Le candidat d’En Marche avait prévu un livre de grammaire comme objet. Mais il a fait le choix de le laisser dans la loge, pour « parler de ce qui vient de se passer » sur les Champs-Elysées, où une fusillade a éclaté dans la soirée. « La première mission d’un président, c’est de protéger. Je veux rendre témoignage aux forces de l’ordre et avoir une pensée pour la victime », déclare Emmanuel Macron. 
Interrogé sur ses propositions au sujet de l’ISF, il rappelle qu’il souhaite que les personnes investissant pour le bien de l’économie française soient épargnées fiscalement. Il déroule ensuite les mesures qu’il désire mettre en place pour récompenser l’innovation et la compétence.

La carte blanche d’Emmanuel Macron porte sur l’éducation. Dans un monde en plein trouble, il estime qu’il est indispensable de mettre l’accent sur l’éducation, notamment dans les écoles primaires et dans les zones d’éducation prioritaire. Il veut également rétablir les études dirigées et ajouter des heures d’enseignement. Emmanuel Macron rappelle que son projet prend en compte la nécessité d’assurer la formation « tout au long de la vie ».

Emmanuel Macron estime qu’il est un défenseur inébranlable de la culture française, à la suite de ses déclarations remarquées sur le sujet. « La capacité à s’affranchir » de cette culture française est la preuve, selon lui, que celle-ci n’est pas unique et continue à évoluer.
Concernant la Syrie, il se déclare prêt à « prendre ses responsabilités » pour détruire les stocks d’armes chimiques de Bachar al-Assad mais précise que l’objectif sera de ne pas « détruire l’état syrien ». Sa priorité sera également d’éradiquer, dans le cadre d’une coalition, Daech et tous les groupes jihadistes du même genre.
A-t-il un regret ? S’il assume ce qu’il a dit, il déclare regretter d’avoir blessé certaines personnes à la suite de ses déclarations sur la guerre d’Algérie.

  • Jacques Cheminade 

Son objet de prédilection en cas d’entrée à l’Élysée serait une paire de silex datant de le préhistoire, symbole selon lui d’une humanité qui s’est éveillée grâce au travail et à des outils, qui sont à la base de tout ce qui a pu suivre ensuite.Il souhaite que davantage d’intelligence humaine et de développement trouve sa place dans notre monde actuel et déplore le poids des grandes puissances de l’argent. Pour lui, l’euro est devenu « la courroie de transmission » de cet ordre financier international. Une idéologie et une façon de voir le monde auxquelles les gens s’adaptent selon lui et qui présente un grand danger. « Si l’État ne contrôle pas la monnaie, c’est la monnaie qui contrôle l’État », affirme-t-il.

Sa carte blanche est consacrée à la culture et à l’éducation. « Lorsque les enfants pensent, la société s’améliore » déclare-t-il, souhaitant multiplier les gestes pour amener la culture et la science à un maximum de gens dans toute la France.

Réclamant la suppression du secret de l’instruction, Jacques Cheminade estime que la justice actuelle, « à jeter en pâture » est l’objet de « trop de tentations » et qu’il faut surtout une égalité de traitement entre les citoyens, quelle que soit leur catégorie sociale.

  • Jean Lassalle 

Les deux objets qui symboliseraient le mandat de Jean Lassalle seraient deux ouvrages, des rapports pour être plus précis, notamment celui intitulé « La Marche ». Il souhaite également faire part de sa solidarité avec les policiers, touchés jeudi soir lors d’une fusillade sur les Champs-Élysées à Paris.

« Je veux redonner à la France un espace politique, économique et financier qu’elle n’a plus », déclare Jean Lassalle. Il souhaite notamment redonner son prestige à la diplomatie française, lui qui est allé personnellement rencontrer le président syrien Bachar al-Assad. Il estime avoir fait « un travail de député » en allant voir de plus près ce qui se passait sur le terrain. « Je ne dois rien à Bachar al-Assad et il ne me doit rien », s’exclame-t-il.
La carte blanche de Jean Lassalle porte sur les campagnes de France. « Nous ne trouvons pas de solutions à un problème civilisationnel » dans un pays où de nombreuses exploitations agricoles, commerçants et artisans connaissent de grandes difficultés. « Je mettrai 3 à 4 milliards par an » pour commencer à faire évoluer cette situation.
Jean Lassalle revendique une campagne présidentielle « solennelle et joyeuse » de sa part, citant ensuite l’un de ses modèles, Gandhi. « Je veux reconstruire un État qui soit capable de rassembler liberté, égalité et fraternité sur tout le territoire », ajoute-t-il.
A-t-il un regret ? « J’aurais pu être meilleur, j’aurais pu être plus mauvais », déclare-t-il.

  •  François Fillon 

L’ancien Premier ministre commence en adressant un message de solidarité aux policiers et en répétant sa volonté de lutte contre le terrorisme et le fondamentalisme islamique. « Il faut que tous ceux qui représentent une dangerosité évidente soient interpellés et jugés » affirme-t-il, ajoutant que l' »on ne peut pas continuer à vivre dans cette crainte et cette terreur ». Il faut selon lui dialoguer avec la Russie, « l’un des plus gros arsenaux nucléaires sur la planète », et qui assure la sécurité du régime syrien. « Il faut accepter un compromis », ce que les occidentaux n’ont toujours pas fait pour l’instant.

Dans sa carte blanche, François Fillon insiste sur la lutte contre le fondamentalisme par l’intermédiaire de la laïcité et de l’école. « Il faut une transparence absolue sur le financement du culte musulman » selon lui. François Fillon estime que la montée de la pression intégriste fait que « des femmes qui ne se voilaient pas il y a 20 ans se voilent aujourd’hui ».
C’est l’heure des conclusions, deux minutes pour chaque candidat ! 

Jean-Luc Mélenchon commence sa conclusion par une « pensée émue » aux victimes de la fusillade des Champs-Elysées. « Nous adressons une pensée émue, à la famille, aux victimes et aux personnes traumatisées par cette scène. Les criminels n’auront pas le dernier mot, leurs complices ne seront pas oubliés », lance le candidat de la France insoumise.  » « Les violents n’auront pas le dernier mot contre les Républicains. Notre devoir est de ne pas nous abaisser à des polémiques dont rêve l’ennemi […]Nous serons, nous autres, d’autant plus unis que diminuera la misère dans notre pays », enchaîne Jean-Luc Mélenchon, avant de glisser également un mot sur la nécessité de la transition énergétique. 

 Benoît Hamon rend lui aussi hommage au policier tué lors de « ce qui semble être un nouvel épisode de terrorisme ». « Cet événement nous rappelle que nous sommes au cœur d’une crise que vivent intensément les Français, crise liée à l’assaut de forces qui détestent notre modèle démocratique », explique le candidat. 

 

Puis, le représentant du PS dans cette campagne regrette que cette campagne n’ait « pas tout à fait été à la hauteur ». « Elle a été polluée par l’argent, les affaires. Nous aurions aimé avoir un débat sur les programmes. » Il achève en lançant aux électeurs : « J’ai confiance en vous. »

C’est au tour de François Fillon de conclure. « Dans le contexte que nous vivons, il n’y a pas lieu de poursuivre une campagne électorale. Nous devons montrer notre solidarité », avec la police, les victimes, et « une population française de plus en plus inquiète ». Le candidat de la droite veut faire de la lutte contre « le totalitarisme islamique sa priorité absolue »

Philippe Poutou passe vite sur la fusillade, se disant « attristé ». « Mais la lutte contre le terrorisme, c’est d’abord la lutte contre la politique française à l’étranger. On demande l’arrêt de la vente d’armes à l’Egypte et au Qatar. »

 

Le candidat du NPA regrette que cette émission ne soit pas un débat. « Ce que j’espère, c’est que le fait d’avoir exprimé le ras-le-bol contre ces voleurs, ces tricheurs va compter », enrage-t-il. « Je ne redirai pas les noms car je ne veux pas de procès. » Le 4 avril dernier en effet, François Fillon avait menacé de le poursuivre après que Philippe Poutou avait évoqué les affaires. « Dès qu’on leur dit les choses, ils sont déstabilisés. »

Au-delà de ce qui vient de se passer, notre posture commune est un signe d’espoir pour le pays », enchaîne Jean Lassalle. Et de poursuivre : « Je me fais une certaine idée du pays des Droits de l’homme, reconnu comme universaliste à travers les mers et les océans. Le théâtre d’hommes que nous représentons, la perte d’influence de notre pays, me pousse à redonner les moyens d’exister à notre pays », poursuit le candidat centriste. « Il faut nous poser des qestions sur notre presse écrite si faible, sur nos sondeurs aux listes de réponses réduites… J’espère que nous ne ferons pas avoir par des projets qui n’ont ni commencement ni fin. Moi je milite pour une France joyeuse », conclut-il. 

On enchaîne avec Jacques Cheminade qui regrette que la campagne se soit « malheureusement trop souvent déroulée hors du contexte international et français ». « On a eu l’impression d’être hors-sol. » Fustigeant « l’oligarchie qui cherche un espace vital financier », le candidat mentionne aussi « une crise humanitaire de l’eau, de la soif » en Afrique et au Proche-Orient. 

Il cite ensuite dans son discours « les agriculteurs qui souffrent », « les ouvriers exploités », « les jeunes des quartiers qui ne se sont jamais senties respectés », les « policiers et gendarmes qu’on abandonne trop souvent ». « Je voudrais être la voix de ces sans-voix », précise-t-il.

François Asselineau se lance dans sa conclusion. « Je partage l’émotion de tous ce soir et je présente toutes mes condoléances » aux personnes touchées par la fusillade sur les Champs Elysées. Le candidat dit vouloir « renouer avec la démocratie », en donnant du pouvoir au vote blanc et en facilitant les référendums d’initiative populaire mais surtout en sortant de l’Union européenne. « N’ayez pas peur, vingt siècles d’histoire sont là pour prouver que l’on peut toujours faire confiance à la France. Il y a une vie après la construction européenne, elle s’appelle la France », défend-il.  

Nicolas Dupont-Aignan a quelques mots pour les forces de l’ordre. Il compare le choix que vont faire les Français dimanche à un choix « historique » et croit qu’une « autre politique est possible » en contrôlant les frontières nationales, refonder l’école, réduire la misère… Un projet qui ne peut se faire selon lui qu’en se libérant de la tutelle de Bruxelles.

Nathalie Arthaud, comme les autres candidats, a une pensée pour les policiers mais estime que la politique du gouvernement français ne fait que favoriser la montée du terrorisme. Elle appelle également à un respect de la dignité de la personne, à tous points de vue.
Emmanuel Macron, solidaire avec les victimes de la fusillade. Il estime que le défi de notre génération est non seulement de répondre à la menace terroriste mais aussi de faire le choix de l’avenir avec un projet progressiste de réforme.
Marine Le Pen parle d’un « cauchemar qui recommence » après la fusillade de jeudi soir à Paris. Elle estime que « tout n’est pas fait » pour mettre les Français à l’abri. « Je ne veux pas que l’on s’habitue au terrorisme islamique », déclare-t-elle.

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