François Fillon accuse François Hollande d’avoir mis en place un système de surveillance de ses adversaires et évoque « un scandale d’Etat » Le Président réagit 

Le candidat de la droite à la présidentielle, François Fillon, a dénoncé jeudi dans L’Émission politique sur France 2 un « scandale d’État » et « mis en cause » le président Hollande au sujet des poursuites dont il fait l’objet. Il a en outre demandé une enquête sur l’existence ou non d’un « cabinet noir » à l’Élysée, évoquée dans le livre Bienvenue Place Beauvau, Police : les secrets inavouables d’un quinquennat, des journalistes d’investigation au Canard enchaîné Didier Hassoux et Christophe Labbé.« Je vais mettre en cause le président de la République. Il y a un livre qui sort ces jours-ci (…) Moi, ce soir (jeudi soir), solennellement, je demande qu’il y ait une enquête d’ouverte sur les allégations qui sont portées dans ce livre, parce que c’est un scandale d’État », a déclaré l’ancien Premier ministre.

« C’est un livre qui, en 250 pages, explique que François Hollande fait remonter toutes les écoutes judiciaires qui l’intéressent à son bureau, ce qui est d’une illégalité totale, comment il est branché directement sur Bercy, sur Tracfin, sur les informations qui lui sont apportées en permanence, comment il est au courant des moindres faits, des moindres filatures, y compris concernant son ancien Premier ministre Manuel Valls », a-t-il expliqué.

« Un chef d’État n’est jamais allé aussi loin dans l’illégalité ». Selon lui, « on cherchait un cabinet noir, on l’a trouvé, en tout cas, à travers ces allégations ». « Si ce qui est écrit dans ce livre est vrai, je pense que dans l’histoire récente de la Ve République, un chef d’État n’est jamais aussi loin dans l’illégalité, la prise de pouvoir sur des services sur lesquels il ne devrait pas avoir autorité », a-t-il également affirmé.

François Hollande a condamné jeudi « avec la plus grande fermeté » les « allégations mensongères » de François Fillon, accusé par ses dires de provoquer un « trouble insupportable » dans la campagne présidentielle. »L’exécutif n’est jamais intervenu dans aucune procédure judiciaire ».L’Élysée a assuré que « sur les affaires particulièrement graves concernant François Fillon, (…) le président de la République n’en a été informé que par la presse ». 

« Depuis 2012, et c’est un fait établi, l’exécutif n’est jamais intervenu dans aucune procédure judiciaire et a toujours respecté strictement l’indépendance de la magistrature », ajoute l’Élysée dans le communiqué.Selon l’Élysée, « les propos de François Fillon, qui s’ajoutent aux révélations des dernières semaines, n’ont donc aucun fondement et provoquent un trouble insupportable à la campagne présidentielle qui appelle dignité, sérénité et responsabilité ». « Le seul scandale ne concerne pas l’État, mais une personne qui aura à en répondre devant la justice », a insisté la présidence.

Dans un communiqué de presse, Jean-Jacques Urvoas, garde des sceaux, ministre de la justice, a réagi aux propos tenus hier soir par Francois Fillon, sur France 2.

Le garde des sceaux tient à rappeler l’action du gouvernement menée depuis 2012 ainsi que les faits suivants.

Ce candidat à la présidence de la République a voté systématiquement contre tous les textes renforçant l’indépendance de la Justice et favorisant la transparence de la vie politique :

  • – La loi du 25 juillet 2013 interdisant au Garde des sceaux de donner des instructions individuelles aux magistrats du ministère public
  • – La loi organique du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique
  • – La loi organique du 6 décembre 2013 créant le procureur de la République financier
  • – Le projet de loi constitutionnelle réformant le Conseil supérieur de la Magistrature
  • – La loi organique du 8 août 2016 relative aux garanties statutaires, aux obligations déontologiques et au recrutement des magistrats
  • – La loi du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique

Cette énumération traduit une évidence que ne peuvent effacer les affirmations sans fondement de ce soir.Hier soir, sur France 2, François Fillon a accusé François Hollande d’avoir mis en place un système de surveillance de ses adversaires et a évoqué « un scandale d’Etat ».

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