Penelope Fillon parle pour la première fois ce matin dans une longue interview au JDD

Accusée d’emplois fictifs, l’épouse de François Fillon, Penelope, est sortie dimanche de son silence. Elle a clamé avoir bel et bien travaillé et apporter un soutien total à son mari, qu’elle pousse à « continuer jusqu’au bout » alors que l’étau se resserre chaque jour un peu plus sur lui.« C’est une preuve de courage remarquable ». « Moi, je lui ai dit qu’il fallait continuer jusqu’au bout. Chaque jour, je lui ai dit ça » mais « c’est lui qui décidera », affirme dans un entretien au Journal du Dimanche la femme du candidat de la droite à la présidentielle, qui prend la parole publiquement pour la première fois depuis que l’affaire a éclaté, il y a 40 jours. « Il n’y a que lui qui peut être président. Être capable d’endurer ça, c’est une preuve de courage remarquable. C’est le seul candidat qui ait l’expérience, la vision, le projet et la détermination nécessaire pour diriger la France », assure-t-elle encore.

Mme Fillon affirme ainsi avoir travaillé « à des tâches très variées » comme collaboratrice parlementaire de son mari.

« Mon rôle était de l’aider dans sa relation d’élu avec les gens
Il avait besoin de quelqu’un (…)
Si cela n’avait pas été moi, il aurait payé quelqu’un pour le faire.
Donc on a décidé que ce serait moi », explique-t-elle à propos des activités rémunérées qui ont cessé en 2013.
« Je traitais le courrier en lien avec la secrétaire.
Je préparais pour mon mari des notes et des fiches sur les manifestations locales de la circonscription, afin qu’il puisse avec mes mémos faire ses allocutions.
Je lui faisais aussi une sorte de revue de presse locale.
Je le représentais à des manifestations.
Je relisais ses discours. »
Elle explique avoir fourni aux enquêteurs des « documents », des « mails » et des « notes » le prouvant.
Elle ajoute qu’elle a retrouvé « beaucoup » d’éléments pour la période 2012-2013, mais peu pour les années antérieures à 2007.
« Qui garde des documents de ce genre datant d’il y a dix, quinze ou vingt ans ? », fait valoir Penelope Fillon.
Sur ses missions au sein de la Revue des deux mondes, Mme Fillon répète qu’elle y a réalisé « des notes et des fiches de lecture » et qu’elle a eu des discussions « régulières au début, moins régulières ensuite » avec Marc Ladreit de Lacharrière, président du titre.
« Il voulait changer la politique éditoriale (…) Il pensait qu’avec mon background anglo-saxon, je pourrais l’aider. »
Elle admet ne pas connaître le directeur de la publication, Michel Crépu :
« Je renvoyais mes notes, sans réponse, sans réaction (…)
J’ai remis dix notes aux enquêteurs et la preuve du travail d’analyse de ses ouvrages.
J’ai démissionné car j’ai interprété ce silence comme une certaine hostilité à mon égard. »
L’épouse de François Fillon explique avoir confiance en la justice dans la gestion de cette affaire, contrairement à son mari, qui dénonce « un assassinat politique » et une procédure judiciaire « menée à charge ».
« Contrairement à d’autres, moi, je ne le lâcherai pas. Moi, je lui ai dit qu’il fallait continuer jusqu’au bout.
Chaque jour je lui ai dit ça. C’est lui qui décidera (…) Etre capable d’endurer ça, c’est une preuve de courage remarquable. C’est le seul candidat qui ait l’expérience, la vision, le projet et la détermination nécessaire pour diriger la France. »

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