La 42 ème cérémonie des César 

Le monde du cinéma français était réuni vendredi soir pour les César, ses grandes récompenses annuelles, en présence notamment de George Clooney et de sa femme Amal. Elle, Juste avant la fin du monde et Divines font office de grands gagnants d’une soirée qui a vu se mêler humour, émotion, coups de gueules et hommages.La soirée a débuté fort avec la remise de la statuette du meilleur espoir féminin. C’est Oulaya Amamra pour son rôle dans Divines, le film de Houda Benyamina qui avait déjà séduit la croisette au printemps dernier et remporté la Caméra d’or qui s’est offert la récompense. Lors d’un discours plein d’émotion, la jeune actrice de 20 ans, les larmes aux yeux, a remercié sa « sœur », réalisatrice du film, de l’avoir laissé jouer ce « magnifique » rôle.L’acteur franco-canadien Niels Schneider, 29 ans, a reçu vendredi le César du meilleur espoir masculin pour son interprétation troublante dans Diamant noir, un film noir autour d’un casse dans le milieu des diamantaires d’Anvers.

 Dans ce premier long métrage d’Arthur Harari, Niels Schneider, cheveux noirs plaqués en arrière et intensité inquiétante, est aux antipodes des personnages d’angelots auxquels ses boucles blondes l’ont souvent confiné au cinéma. « Quand j’avais 16 ans, j’étais vraiment perdu et j’étais convaincu précocement de l’inaccessibilité de cette profession. Merci donc à tous ceux qui m’ont prouvé le contraire, qui ont combattu mon scepticisme. Je pense particulièrement à mon père qui l’a prouvé encore ce soir en prenant l’avion de Montréal pour être à mes côtés » a-t-il dit, très ému.Divines, film explosif de la jeune réalisatrice Houda Benyamina, 36 ans, a remporté vendredi son deuxième César de la soirée, celui du meilleur premier film. L’épopée drolatique et finalement tragique de deux gamines de banlieue a séduit plus de 320.000 spectateurs et une grande partie de la critique. Le film a remporté la Caméra d’Or au dernier festival de Cannes, avant d’être nommé aux Golden Globes puis aux César. Tout de rose vêtue, Houda Benyamina a promis de « ne pas faire long cette fois » et a remercié sa sœur, distinguée par le César du meilleur espoir féminin, « l’âme » de son film. Houda Benyamina avait littéralement scotché le public au festival de Cannes en lançant « t’as du clito, mec », une réplique de Divines, pour saluer l’audace du délégué général de la Quinzaine des réalisateurs qui avait sélectionné son film.

Cette soirée à été l’occasion pour certains de se mettrent en lumières sur des divergences politiques. Celui a qui a été honoré par l’Académie des arts et techniques du cinéma de la statuette du meilleur film documentaire a profité de la tribune pour exprimer sa colère. François Ruffin a dénoncé la délocalisation d’une multitude d’usines depuis plus de trente ans. « Pourquoi ça dure ? Parce que ce sont des ouvriers qui sont touchés et que personne n’en a rien à foutre ! », a-t-il regretté. « Si des acteurs français étaient mis comme ça en concurrence avec des acteurs roumains », ce ne serait jamais permis, a-t-il notamment ajouté.Mais le plus significatifs est à mettre au crédit de Georges Clooney , L’acteur américain a lancé un appel à la défense de la liberté dans l’Amérique de Trump en recevant vendredi soir un César d’honneur au cours de la 42e cérémonie de remise des prix du cinéma français.

« Nous nous décrivons comme les défenseurs de la liberté … mais nous ne pouvons pas défendre la liberté à l’étranger si nous l’oublions chez nous », a-t-il déclaré en recevant son César.L’acteur a lancé en français « merci » devant une salle debout pour l’ovationner.

L’acteur a fait de nombreuses allusions à la présidence de Donald Trump soulignant que « le monde traverse des changements importants, pas tous dans le bon sens ».

« Ne confondons pas l’opposition avec la déloyauté », a-t-il lancé.

« Nous ne devons pas être menés par la peur dans un âge de déraison. Si nous creusons dans notre histoire, nous verrons que nous ne descendons pas de gens qui avaient peur », a-t-il poursuivi.

George Clooney s’est dit « très fier » de son épouse Amal, qui attend leurs jumeaux, et « excité sur les années à venir et particulièrement sur les mois à venir ».

« Je t’aime », a-t-il lancé à Amal Clooney, dont la robe fourreau blanche laissait voir le ventre arrondi.

George Clooney, 55 ans, incarne tout le glamour hollywoodien.Il a reçu de multiples récompenses, dont l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour « Syriana » en 2006, et un Oscar du meilleur film comme producteur pour « Argo » en 2013.La 42e cérémonie des César a rendu vendredi un hommage chaleureux à l’acteur français Jean-Paul Belmondo, qui a évoqué avec humour la « sale gueule » dont il était souvent qualifié jeune. « Tout jeune, quand j’allais au théâtre, tout le monde trouvait que j’avais une sale gueule. Alors une fois ça va, deux fois ça va, trois fois, non! Ma mère m’a dit, comme ton père, tu devras avoir du courage. Et je n’ai jamais manqué de courage, ce qui fait que je suis là », a lancé « Bébel », toujours bronzé et souriant à 83 ans.

Jean-Paul Belmondo n’a reçu qu’un seul César, en 1989, celui du meilleur acteur pour « Itinéraire d’un enfant gâté » de Claude Lelouch, qu’il n’était pas venu chercher à l’époque.

L’Académie des César avait dédié sa cérémonie de vendredi à l’acteur vedette du cinéma français, diffusant de larges extraits de ses films.

Souriant, Jean-Paul Belmondo est venu saluer le public qui l’a applaudi debout. Très droit, mais une canne à la main. Il a fait une courte déclaration, remerciant des applaudissements « qui me vont droit au coeur ».

Le visage buriné, « Bébel » s’est fait rare à la suite d’un accident vasculaire cérébral, en 2001, qui l’a fortement handicapé et affecte son élocution.

Mais il reste l’un des comédiens chouchous des Français, figurant chaque année en bonne place du Top 50 de leurs personnalités préférées.

Jean Dujardin, qui dit avoir trouvé son inspiration dans le personnage de Belmondo dans son enfance, lui a rendu un hommage appuyé:

« Jean-Paul Belmondo est le cinéma français à lui tout seul, la réconciliation des films d’auteurs et de la culture populaire ». « C’est le même homme qui a donné le coup d’envoi de la nouvelle vague et joué les +Guignolo+ suspendu à un hélicoptère », a-t-il poursuivi.

« Merci d’avoir montré qu’il était possible de réconcilier la tête et les jambes », a-t-il lancé. « Le cinéma, c’est sérieux, mais c’est pas grave

Moi, Daniel Blake a reçu le César du meilleur film étranger vendredi soir, son réalisateur Ken Loach appelant les Français à « rejeter l’amertume de la droite et voter en faveur de l’espace suscité par la gauche » à la présidentielle, dans un message lu sur scène.

« En tant que cinéaste, nous avons le pouvoir de montrer les choses telles qu’elles sont et également de celui de suggérer comment elles pourraient être. L’extrême droite réussit lorsque les gens se sentent désespérés, nous nous devons de redonner l’espoir. L’espoir se loge dans l’esprit de la résistance, dans le sens de la justice sociale ainsi que dans la solidarité et la force qui habite nos voisins les travailleurs », écrit le réalisateur britannique dans ce message. « À présent c’est à vous Français de faire un choix, nous qui sommes vos amis depuis tant d’années espérons que dans l’élection à venir vous pourrez rejeter l’amertume de la droite et voter en faveur de l’espace suscité par la gauche », ajoute-t-il.

Isabelle Huppert a reçu vendredi soir le César de la meilleure actrice pour le film Elle du Néerlandais Paul Verhoeven.

« Pour Elle, le rôle l’emporte sur l’interprète ». L’actrice rousse en longue robe verte a déjà reçu le Golden Globe de la meilleure actrice et est en lice pour les Oscars, qui seront décernés dimanche. Pour les César, Elle dominait les nominations avec Frantz de François Ozon – onze sélections chacun – dont ceux de la meilleure actrice pour Huppert, du meilleur réalisateur, en plus du meilleur film. Très souriante, Isabelle Huppert a remercié « Paul Verhoeven qui a mis en scène ce film si intelligemment, si audacieusement, si malicieusement ». « Je pense parfois au rapport entre l’interprète que je suis et le rôle que j’ai joué, et je crois que pour Elle, le rôle l’emporte sur l’interprète », a-t-elle dit. « Parce qu’au fond je ne jouais pas plus mal, aussi bien peut-être que d’autres films, mais cette année il me semble que l’avez mieux remarqué dans Elle. »

Pour sa première oeuvre française, le réalisateur de Basic Instinct et de RoboCop, qui vient de présider la Berlinale 2017, reste fidèle à ses thèmes fétiches : le sexe et la violence. Elle met en scène une femme d’affaires, victime un soir dans sa belle maison bourgeoise d’un viol par un homme cagoulé qui la roue de coups. 

Voici les principales récompenses

  • Meilleur film: « Elle » de Paul Verhoeven.


  • Meilleur réalisateur: Xavier Dolan pour « Juste la fin du monde ».


  • Meilleure actrice: Isabelle Huppert dans « Elle ».


  • Meilleur acteur: Gaspard Ulliel dans « Juste la fin du monde ».


  • Meilleure actrice dans un second rôle: Déborah Lukumuena dans « Divines ».


  • Meilleur acteur dans un second rôle: James Thierrée dans « Chocolat ».


  • Meilleur espoir féminin: Oulaya Amamra dans « Divines ».


  • Meilleur espoir masculin: Niels Schneider dans « Diamant noir ».


  • Meilleur film étranger: « Moi Daniel Blake » de Ken Loach.


  • Meilleur film d’animation: « Ma vie de courgette » de Claude Barras.


  • Meilleur documentaire: « Merci patron! » de François Ruffin.
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