Les décrets de Donald Trump font déjà polémique 

C’était il y a une semaine à peine, l’investiture de Donald Trump. Depuis, le président Trump s’attèle à détricoter la politique de son prédécesseur et il veut aller vite. Il signe les décrets à la chaîne : déjà une douzaine. C’est une nouvelle Amérique qui se dessine. Cible de son premier décret : l’Obamacare, l’assurance santé pour tous, si chère à Barack Obama. Donald Trump autorise des exemptions pour la contourner.Second décret sur les traités commerciaux internationaux, contraires selon lui aux intérêts des Américains. Il se retire de l’accord de libre-échange avec douze pays d’Asie, acté par Barack Obama. Troisième décret, une offensive contre l’avortement qui suscite de nombreuses inquiétudes chez les femmes. Le texte interdit le financement public d’associations internationales qui soutiennent l’IVG. Donald Trump redessine son Amérique. Il relance deux projets d’oléoducs controversés abandonnés par Barack Obama au nom de la protection de l’environnement. La priorité est pour lui l’emploi.

Le quatrième décret sur l’immigration suscite de Vive polémique dans le Monde . « Nous ne les voulons pas ici », s’est exclamé Donald Trump, vendredi, avant de développer un sérieux tour de vis en matière d’immigration et d’accueil de réfugiés. Son objectif : stopper l’entrée éventuelle sur le territoire américain de « terroristes islamiques radicaux ».

Une semaine tout juste après s’être installé à la Maison-Blanche, le 45e président américain a annoncé avoir signé un décret intitulé « Protéger la nation contre l’entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis ». Lors d’une cérémonie en grande pompe au Pentagone, en l’honneur de son nouveau secrétaire à la Défense James Mattis, il a défendu ces « nouvelles mesures de contrôle » visant à « maintenir hors des Etats-Unis les terroristes islamiques radicaux ».

« Nous voulons être sûrs que nous ne laissons pas entrer dans notre pays les mêmes menaces que celles que nos soldats combattent à l’étranger (…) Nous n’oublierons jamais les leçons du 11-Septembre » 2001, a proclamé Donald Trump, concluant : « C’est du lourd ».

Parmi les mesures, on trouve ainsi l’interdiction pendant trois mois de l’arrivée de ressortissants de sept pays musulmans : Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen. A l’exception de ces ressortissants détenteurs de visas diplomatiques et officiels et qui travaillent pour des institutions internationales. A noter, donc, que ne figure pas l’Arabie saoudite, dont étaient pourtant originaires plusieurs terroristes liés aux attentats du 11 septembre 2011.

Washington va arrêter aussi pendant quatre mois le programme fédéral d’admission et de réinstallation de réfugiés de pays en guerre, toutes nationalités confondues. Un programme humanitaire ambitieux créé en 1980 et qui n’a été suspendu qu’une seule fois : durant trois mois après le 11-Septembre.

Quant aux réfugiés syriens, qui ont fui par millions le conflit dans leur pays, mais dont seulement 18.000 ont été acceptés aux Etats-Unis depuis 2011, ils seront définitivement interdits d’entrée, jusqu’à nouvel ordre. Pour l’année budgétaire 2016 (du 1er octobre 2015 au 30 septembre 2016), les Etats-Unis, alors gouvernés par Barack Obama, avaient admis sur leur territoire 84.994 réfugiés du monde entier, parmi lesquels un peu plus de 10.000 Syriens. L’administration Obama s’était donnée pour objectif d’accepter 110.000 réfugiés pour l’année budgétaire 2017. L’administration Trump vise dorénavant « pas plus de 50.000 » réfugiés cette année.

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