L’actrice française Emmanuelle Riva,est morte à l’âge de 89 ans

L’actrice française Emmanuelle Riva, qui a tourné dans « Hiroshima mon amour » d’Alain Resnais et dans « Amour » de Michael Haneke, est morte à l’âge de 89 ans, a-t-on appris samedi auprès de son entourage. La comédienne est décédée vendredi après-midi à Paris, « des suites d’une longue maladie », selon son entourage, confirmant une information du journal Le Monde.« Une femme bouleversante, une artiste à l’exigence rare ». « Jusqu’au bout, elle a été active », a précisé son agent Anne Alvares Correa. Cet automne, Emmanuelle Riva a encore donné une lecture à la Villa Médicis à Rome, a ajouté Alvares Correa. L’actrice a aussi tourné assez récemment dans un film, « Paris Pieds nus » de Fiona Gordon et Dominique Abel, qui doit sortir en mars sur les écrans. « Emmanuelle Riva était une femme bouleversante, une artiste à l’exigence rare. C’est une voix inoubliable qui s’en va. Une voix habitée par l’amour des mots et de la poésie », a déclaré Frédérique Bredin, présidente du Centre National du Cinéma et de l’Image animée (CNC).

D’Hiroshima mon amour (1959) à Amour (2012), « elle fut l’une des actrices les plus audacieuses du cinéma français », ajoute Frédérique Bredin dans un communiqué. Emmanuelle Riva avait reçu en 2013 le César de la meilleur actrice pour le film Amour.
Emmanuelle Riva se passionne pour l’art dramatique dans une troupe de la ville vosgienne de Remiremont, puis gagne Paris où elle se perfectionne à l’école de la rue Blanche (ENSATT).
Elle débute sur les planches du Théâtre Gramont dans « Le Héros et le soldat » de George Bernard Shaw monté par René Dupuy en 1954 et enchaîne les pièces.
Première apparition au cinéma dans LES GRANDES FAMILLES (Denys de la Patellière, 1958) puis Alain Resnais la choisit comme héroïne, actrice et amoureuse au Japon de son HIROSHIMA MON AMOUR (1959) d’après Marguerite Duras. 
Révélée du jour au lendemain, elle devient prisée des réalisateurs italiens Antonio Pietrangeli (ADUA ET SES COMPAGNES), Gillo Pontecorvo (KAPO), Luciano Salce (LES HEURES DE L’AMOUR) et Gianni Puccini (MEURTRE À L’ITALIENNE) (1960-1965).
Elle marque en veuve juive troublée par un jeune et beau curé (Jean-Paul Belmondo) dans LÉON MORIN, PRÊTRE (Jean-Pierre Melville, 1961) et en épouse empoisonneuse titre de THÉRÈSE DESQUEYROUX (Georges Franju, 1962) d’après Mauriac face à Philippe Noiret.
Franju la rappelle en Princesse ambulancière dans le Paris déserté de 1914 pour THOMAS L’IMPOSTEUR (1965) et André Cayatte la fait femme de l’instituteur accusé des RISQUES DU MÉTIER (1967) avec Jacques Brel.
Première publication de ses poèmes avec le recueil « Juste derrière le sifflet des trains » (1969).
Le théâtre l’accapare dans les années 1970 et 1980 où elle joue Pirandello, Shakespeare, Tourgueniev, Marivaux, Montherlant, Molière, Goldoni et Nathalie Sarraute chez Roger Blin, Claude Régy, Jacques Lassalle ou Roger Planchon.
Elle varie les genres chez Marco Bellocchio (LES YEUX, LA BOUCHE), Jean-Pierre Mocky (Y A-T-IL UN FRANÇAIS DANS LA SALLE ?), Philippe Garrel (LIBERTÉ, LA NUIT) (1982-1983) et Krzysztof Kieslowski (BLEU, 1993).
Avec l’âge, elle s’amuse en duo avec Micheline Presle dans VÉNUS BEAUTÉ (INSTITUT) (Tonie Marshall, 1999) et en famille avec Bernadette Lafont dans LE SKYLAB (Julie Delpy, 2011) et avec Nicole Garcia dans TU HONORERAS TA MÈRE ET TA MÈRE (2012).
Michael Haneke la replace au centre d’un film dans AMOUR (2012, photo), portrait d’un couple octogénaire fragilisé avec Jean-Louis Trintignant, reconnaissance, honneurs en chaîne, Palme d’Or, César de la meilleure actrice et nomination à l’Oscar à la clé.


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