Le père de la Révolution cubaine Fidel Castro est décédé à l’âge de 90 ans

Le père de la Révolution cubaine Fidel Castro est décédé vendredi soir à La Havane à l’âge de 90 ans, a annoncé son frère Raul, qui lui a succédé au pouvoir en 2006. « Le commandant en chef de la révolution cubaine est décédé à 22h29 ce soir », a annoncé Raul Castro sur l’antenne de la télévision nationale.« L’organisation de l’hommage funèbre qui lui sera donné sera précisée » ultérieurement, a-t-il ajouté dans cette brève allocution conclue par un tonitruant : « Jusqu’à la victoire, toujours! » (« Hasta la victoria, siempre »), l’antienne bien connue du Comandante.


Célèbre pour ses discours enflammés pouvant durer des heures, l’infatigable Fidel Castro a mené tambour battant une révolution qui a inspiré des mouvements gauchistes à travers le monde.

« Le socialisme ou la mort »: voilà ce qu’il opposait encore, au début des années 1990, à l’effondrement du communisme en Europe de l’Est.

Malgré ses postures, il se disait allergique au culte de la personnalité et a toujours refusé que des statues soient élevées en son honneur ou que son nom soit donné à des rues.Pourtant, une grande partie de la population cubaine vouait un véritable culte à « Fidel ».Face à la dégradation de la situation économique et à la baisse du niveau de vie des Cubains, sur fond d’économie dirigiste, il avait dû introduire des réformes nécessaires au salut de son île, menacée de banqueroute.


Officiellement né dans le village de Biran, près de Mayari, dans l’est de Cuba, le 13 août 1926 – certains biographes situent sa naissance un an plus tôt.Castro est le fils d’un immigré espagnol ayant fait fortune dans la culture de la canne à sucre. Enfant, il est fasciné par les grandes figures de l’Histoire, notamment Alexandre le Grand.Après une scolarité catholique chez les jésuites, il étudie le droit à La Havane, où il prend part à une vie politique parfois violente. Il s’engage rapidement dans des activités clandestines visant au renversement de la dictature de droite de Fulgencio Batista.

En 1953, l’attaque de La Moncada, une caserne de l’armée cubaine à Santiago de Cuba, lui vaut d’être condamné à trente ans de prison. Bénéficiant d’une amnistie, il est libéré dès 1955 et gagne le Mexique, où il prépare l’invasion de l’île avec d’autres exilés cubains.En décembre 1956, Castro et 81 compagnons d’armes regagnent l’île à bord du Granma. Le débarquement tourne à la catastrophe.Seuls douze « barbudos », dont Castro, son frère et Ernesto « Che » Guevara, parviennent à gagner le maquis de la Sierra Maestra. Ils n’ont en tout et pour tout que sept fusils. Mais ils parviennent à rassembler autour d’eux les mécontents.

En 1958, les rebelles repassent à l’offensive – cette fois avec succès. Le 1er janvier 1959, Batista quitte précipitamment Cuba et un gouvernement provisoire est formé où Castro, à l’âge de 32 ans, devient chef des forces armées, puis Premier ministre.Une fois arrivé au pouvoir, il entreprend de faire de Cuba une puissance non-alignée. Son projet: une révolution politique, économique et sociale.

Par ses choix radicaux, il s’aliène Washington, qui suspend en 1961 ses relations diplomatiques avec La Havane. Naturellement, Castro se tourne vers Moscou. Il autorise en octobre 1962 l’installation sur son sol de missiles soviétiques.La confrontation qui s’ensuit avec les Etats-Unis, alors dirigés par John Kennedy, conduit le monde au bord d’un conflit mondial. Washington imposera alors à l’île un strict embargo économique, qui dure encore aujourd’hui.Dès le début, l’aversion des Américains pour ce régime si opposé à leurs conceptions politiques les conduit à comploter contre Castro.

En 1961, plus d’un millier d’exilés cubains entraînés par la CIA débarquent dans la baie des Cochons. L’opération est un échec cuisant mais les services secrets continuent de réfléchir à des moyens – plus ou moins sérieux – de l’éliminer. Un rapport spécial du Sénat américain, en 1975, révèle que les services secrets américains ont envisagé un temps de verser dans ses chaussures un produit chimique qui déclencherait la chute de sa barbe, ce qui aurait grandement entamé son charisme.Parmi les autres subterfuges envisagés: lui faire livrer des cigares empoisonnés, ou placer un coquillage bourré d’explosifs sur son lieu de plongée habituel. Castro affirme avoir survécu à 600 projets d’assassinats ourdis par la CIA ou les nombreux exilés cubains réfugiés aux Etats-Unis.

Mais en envoyant près de 20.000 médecins cubains soigner les plus pauvres, d’abord au Venezuela, puis jusqu’au Pakistan, en Indonésie et au Timor-Oriental, le dirigeant cubain a su se créer des alliés fidèles.Pour la jeunesse altermondialiste, Castro et le « Che », mort en 1967 en Bolivie, sont devenus des icônes de la révolution.

Mais dans son propre pays, Castro est accusé par ses opposants d’avoir soumis les onze millions de Cubains à la pauvreté collective dans un Etat policier. Avant de se retirer, Fidel Castro avait tenté de répondre aux insuffisances les plus criantes du régime – logements délabrés, transports publics insuffisants, coupures d’électricité, corruption – tout en refusant de laisser s’exprimer ses détracteurs.L’argent et le pétrole à bas coût fournis par son ami vénézuélien Hugo Chavez ainsi que les prêts chinois avaient un moment permis au régime cubain de garder la tête hors de l’eau.

Depuis le passage du témoin à son frère, après une lourde opération à l’intestin en 2006, il publiait des chroniques dans la presse cubaine mais apparaissait très rarement en public.Pour le « comandante » affaibli, le survêtement avait remplacé le treillis militaire. Fidel Castro a eu au moins neuf enfants, dont cinq fils de sa deuxième épouse Dalia Soto del Valle.Son fils aîné, Fidel Castro Diaz-Balart, est un spécialiste du nucléaire formé en Union soviétique. Sa fille Alina Fernandez a fui Cuba en 1993 et a multiplié depuis lors les critiques contre son père.

D’abord premier ministre, il devient en décembre 1976 chef de l’État et de président du Conseil des ministres.Président à vie, Castro aura connu dix prési­dents des États-Unis : Eisen­ho­wer, Kennedy, John­son, Nixon, Ford, Carter, Reagan, G.H. Bush, Clin­ton et G. W. Bush.En février 2008, Fidel Castro a annoncé quitter le pouvoir après 49 ans à la tête du pays, en raison de sa santé fragile.C’est son frère, Raul, qui lui a alors succédé à la tête du pays.Celui-ci avait reçu, en juillet 2006, les principaux pouvoirs de son frère. 

Son décès, qui survient à peine deux ans après l’annonce historique du rapprochement entre Cuba et les États-Unis, vient définitivement tourner la page de la guerre froide, qui a mené le monde au bord du conflit nucléaire lors de la crise des missiles d’octobre 1962.Avec le décès de Fidel, Raul Castro se retrouve pour la première fois seul aux commandes, lui qui avait assuré au moment de sa nomination qu’il consulterait le « Commandant en chef » pour toutes les décisions importantes.Raul, âgé de 85 ans depuis le 3 juin, a engagé depuis 10 ans un lent processus de « défidélisation » du régime, défini en avril 2011 par l’adoption lors d’un congrès historique du PCC d’un ensemble de mesures économiques destinées à sauver Cuba de la faillite.

Les autorités cubaines ont décrété aujourd’hui neuf jours de deuil national quelques heures après le décès du père de la Révolution cubaine Fidel Castro.Le conseil d’État a décrété dans un bref communiqué « neuf jours de deuil national », de ce samedi au dimanche 4 décembre.Seront notamment interrompus « toutes les activités et spectacles publics », précise l’organe suprême de l’exécutif cubain.

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